• Croire en Allah

     

     

  • Cela revient à croire fermement que Dieu Tout-Puissant est le Seigneur, le Possesseur et le Créateur de toute chose, que Lui Seul mérite qu'on lui voue un culte exclusif - prière, jeûne, invocation, espoir, crainte, humilité et soumission - qu'il possède tous les attributs de la perfection, et qu'il est au-dessus de toute Insuffisance.

     

     

    Croire en Dieu  c'est confirmer 3 catégories d'unicité (Tawhid) : 

    - L'unicité dans la Seigneurie [Rubûbiyya], 

    - L'unicité de la Divinité [Ulûhiyya], 

    - L'unicité des Noms et Attributs [Asmâ wa Sifat].

     

     

    Aussi, le serviteur ne peut se prétendre croyant que s'il a la conviction que Dieu est le Seigneur de toute chose et qu'il n'est nul Seigneur en dehors de Lui, qu'il est le Dieu de tous les êtres et qu'il n'est de dieu sinon Lui, et que Lui Seul possède des attributs et des noms parfaits.

     

     

     

    1. L'Unicité de la seigneurie (Tawhid ar-Rubûbiyya) :

     

     

    Globalement, cela signifie qu'il faut croire fermement que Dieu est le Seigneur de toute chose et qu'il n'existe pas un autre seigneur en dehors de Lui. 

    Par « Seigneurie de Dieu », il faut entendre qu'Il est le Seul créateur, l'Unique souverain et Celui qui gouverne les affaires de Ses créatures.

     

    Confirmer l'unicité seigneuriale de Dieu c'est attester qu'il est le Créateur, le Roi, Celui qui donne la vie et Celui qui la reprend, le Seul à être Profitable (Nafi') et Dommageable [Dârr], Celui qui exauce le voeu du nécessiteux quand il L'implore, Celui qui détient sur Ses créatures un Pouvoir déterminant, Celui qui donne (Mu'ti) et qui interdit [Mani'] ; et de Lui relèvent la création et l'ordre : 

     

    « N'est-ce pas Lui qui crée et qui ordonne ? Béni soit le Seigneur des univers. » 

    (Coran 7.54 )

     

     

    Affirmer la Seigneurie d’Allah est un acte inné :

     

     

    Dirige ton visage vers la religion exclusivement [pour Allah], telle est la nature qu’Allah a originellement donnée aux hommes, pas de changement à la Création d’Allah. 

    (Coran, 30.30)

     

     

    Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam et les fit témoigner sur eux-mêmes : « Ne suis-je pas votre Seigneur ? ». Ils répondirent : « Mais si, nous en témoignons. ». 

    (Coran, 7 : 172)

     

     

    Tout nouveau-né naît avec la prédisposition naturelle [à l’Islam]. Ensuite, ses parents le rendent juif, chrétien ou mazdéen. 

    (Hadîth rapporté par Bukhari et Muslim)

     

     

    L’éducation dépravée et l’environnement athée sont les causes du changement d’orientation du nouveau né : J’ai créé Mes serviteurs croyants [musulmans], puis les diables les ont détournés. 

    (Hadith Qudsi rapporté par Ahmad et Muslim)

     

     

    Reconnaître l'unicité de la Seigneurie ne sert à rien, sans reconnaître l'Unicité de la Divinité et l'Unicité des noms et attributs

     

     

    Quant à ceux qui, bien qu'admettant que Dieu est le Seigneur de toute chose, ne confirment pas Son Unicité ni dans Sa divinité [Tawhîd Al-Ulûhiyya] Lui associant de fausses divinités - ni dans Ses Noms et Attributs, en les niant, en Les concevant à l'image de ceux de l'Homme ou en en donnant une interprétation erronée, ceux-là ne tirent aucun avantage de cette forme de confirmation de l'unicité Dieu et ne sont pas croyants.

     

    Dieu, parlant des associateurs, dit qu'ils attestaient qu'il est le Créateur de toute chose, mais qu'ils étaient, malgré cela, restés polythéistes, car ils ne professaient pas l'unicité de la divinité - ils adoraient en dehors de Dieu de faux dieux - ni celle des Noms et des Attributs de Dieu, puisqu'ils en reniaient une partie. C'est pourquoi Dieu Tout-Puissant dit d'eux : 

     

    « La plupart ne croient en Dieu, qu'en Lui ajoutant des rivaux. » 

    (Coran 12.106).

     

     

    Commentant ce verset, Mujâhid a dit : « Leur foi en Dieu consiste seulement à déclarer que Dieu les a créés, qu'il assure leur subsistance et qu'il les fait mourir, puis ils lui associent - dans leurs actes adoratifs - autre que Lui. »

     

    Confirmant cela, Dieu - Gloire à Lui - dit : « Si tu demandais [aux idolâtres] qui les a créés, ils répondraient certainement : 

     

    « C'est Dieu ! » Comment alors peuvent-ils se détourner de Lui ? » 

    (Coran 43.87)

     

    « Demande-leur : « Qui vous fournit, du ciel et de la terre, votre nourriture ? De Qui dépendent votre ouïe, votre vue ? Qui fait sortir le vivant du mort et le mort du vivant ? Qui règle l'ordre de l'univers ? » Ils te diront : « Dieu ! » Dis-leur alors : « Eh quoi ! Ne Le craindrez-vous donc pas ? » 

    (Coran 10.31).

     

     

    2. Unicité de la Divinité (Tawhid al-Ulûhiyya) :

     

     

    L’Unicité de la Divinité signifie que les serviteurs doivent consacrer leurs oeuvres d'adoration exclusivement pour Allah : invocations, voeux, immolations, l’espérance, la crainte, la confiance, le repentir...

     

    La révélation des Livres Saints et la mission de tous les Messagers ont eu pour finalité de rappeler aux gens cette catégorie d'unicité, laquelle a constitué le fondement et l'essence de la prédication de tous les Messagers. Dieu Tout-Puissant dit :

     

    Dis : « Il m’a été ordonné d’adorer Allah en lui vouant exclusivement le culte. » 

    (Coran, 39.11)

     

     

    Cette catégorie d'unicité constitue l'alpha et l'oméga de la religion ; c'est en elle que se trouve la justification de la création des êtres, conformément à cette parole divine : 

     

    « Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent » 

    (Coran 51.56)

     

     

    C'est en fonction de cette catégorie d'unicité que se fait la rétribution dans le monde présent ainsi que dans la vie dernière : 

     

    « Si tu donnes des associés à Allah, ton oeuvre sera certes vaines et tu seras très certainement du nombre des perdants. » 

    (Coran, 39.65)

     

     

    L'unicité de la divinité implique la nécessité de vouer à Dieu, en toute sincérité, toute forme d'adoration ; de cela découle un certain nombre d'obligations dont voici quelques-unes :

     

    1. Aimer Dieu Tout-Puissant en toute sincérité ; Le serviteur ne doit aimer personne comme il aime Dieu ou plus encore, sinon il devient du nombre des associateurs. Dieu dit : 

     

    « Il est des hommes qui prennent en dehors de Dieu des idoles qu'ils aiment à l'égal de Dieu. Il est vrai que les croyants vouent à Dieu un amour plus profond. » 

    (Coran 2.165).

     

     

    Vouer aux créatures un amour égal à celui que l'on a pour Dieu procède de l'associationnisme majeur qui exige de la part du serviteur le repentir. L'adoration sincère et exclusive de Dieu ne signifie pas que l'homme exclue l'amour inné qu'il a pour sa personne, ses père et mère, ses enfants, sa patrie et ses biens, mais seulement que cet amour vienne après celui de Dieu Tout-Puissant. Ainsi sera-t-il en mesure - si son amour pour ce qui procède de la vie d'ici-bas s'oppose à celui qu'il nourrit pour Dieu - de donner préséance à l'amour de Dieu et de Son Messager sur l'attachement aux valeurs mondaines.

     

    Dieu dit : 

     

    « Dis : Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos proches, les biens que vous avez acquis, un commerce pour lequel vous redoutez un manque de débit, des demeures qui vous satisfont vous sont plus chers que Dieu, Son Messager et la lutte pour Sa cause, alors attendez que vienne l'ordre de Dieu, car Il ne met point les pervers dans la bonne voie. » 

    (Coran 9.24)

     

     

    2 - N'invoquer, ne faire confiance et n'espérer qu'en Dieu, Exalté soit-Il. Dieu Tout-Puissant dit : 

     

    « N'invoque pas, à côté de Dieu, ce qui ne peut servir ni nuire ou bien tu seras injuste » 

    (Coran. 10.106) 

     

    « Mettez votre confiance en Dieu, si vous êtes des croyants sincères » 

    (Coran 5.23)

     

     

    3 - Ne craindre que Dieu Tout-Puissant, car croire que certaines créatures pourraient - de par leur volonté et leur pouvoir - porter préjudice, et prendre peur d'elles revient à tomber dans l'associationnisme ; Dieu - Exalté soit-Il - dit : 

     

    « Si Dieu te frappait d'un mal, nul ne pourrait t'en délivrer, sauf Lui. S'il te destine un bien, personne ne peut s'opposer à Sa bonté. Il gratifie qui Il veut parmi Ses serviteurs, car c'est Lui l'Indulgent, le Compatissant » 

    (Coran 11.107).

     

     

    4 - Consacrer l'adoration à Dieu quelque forme qu'elle revête : physique (prière, génuflexion, prosternation, jeûne, sacrifice, tour de la Ka'ba) ou verbale : (voeu, demande de pardon, etc..)

    L'homme est tenu de réserver ces actes adoratifs ainsi que tous les autres à Dieu Seul, sinon il est associateur. 

     

    « Dieu ne pardonne pas qu'on Lui associe d'autres divinités. Il pardonne à qui veut les péchés moins graves que celui-là. Quiconque associe [d'autres divinités] à Dieu, commet un péché infini » 

    (Coran 4.48)

     

     

    3. Unicité des Noms et Attributs divins (Tawhid al-Asma` wa s-Sifat) :

     

     

    Globalement, cela revient à croire fermement que Dieu Tout-Puissant possède tous les attributs de la perfection, qu'il est exempt de toute insuffisance et qu'il est Unique, rien ne Lui étant égal. Cela se traduit par la confirmation des Noms et des attributs que Dieu S'est donné - dans le Coran - ou que Son Messager Lui a conféré - dans la Tradition - sans les déformer [Tahrîf], les nier [Ta'tîl] ou s'interroger sur leur comment [Takyîf] sans anthropomorphisme [Tachbîh].

     

    Il est évident, à partir de cette définition, que l'unicité des Noms et des Attributs repose sur trois bases. Celui qui se départ de l'une d'elles n'est pas de ceux qui reconnaissent l'unicité de leur Seigneur dans Ses noms et Ses attributs [Muwahhid].

     

    La première : Dieu - le Très-Haut - ne ressemble pas à Ses créatures et est exempt de toute insuffisance. 

     

    « Rien ne Lui ressemble » 

    (Coran 42, 11)

     

     

    « Nul ne saurait L'égaler » 

    (Coran 112.4) 

     

     

    « Ne donnez pas à Dieu des égaux. » 

    (Coran 16.74)

     

     

    La Fitra (la nature primordiale) adhère intuitivement à tout cela. Le Créateur des êtres et des choses ne peut ressembler à l'objet de Sa création. Ainsi, Dieu ne peut avoir une épouse, un fils, un associé, un auxiliaire. Dieu est exempt des attributs de l'insuffisance comme le sommeil, la peine, la fatigue, la mort, l'ignorance, l'injustice, la négligence, l'oubli, la somnolence et la localisation.

     

    La seconde : Ajouter foi aux Noms et aux Attributs tels qu'ils ont été établis par le Livre et la Tradition [Sunna], sans en éliminer une partie ou leur ajouter ce qui n'en relève pas et sans les déformer ou les nier.

     

    Dieu Tout-Puissant ne peut donc être connu qu'à travers Sa propre description ou celle de Son Envoyé. 

    Dieu dit : 

     

    « Est-ce Dieu ou vous qui savez le mieux ? » 

    (Coran 2, 140)

     

     

    La troisième : Renoncer à vouloir saisir le comment des attributs divins et ne pas chercher à percer leur essence.

     

    C'est que la connaissance du comment de l'attribut est tributaire de celle du comment de l'essence, les qualités [Sifa] différant selon les personnes décrites. Il ne convient donc pas de s'interroger sur le comment de l'Essence et des Noms de Dieu Tout-Puissant. C'est pourquoi beaucoup d'Anciens dirent, lorsqu'on les interrogea sur le comment de l'istiwâ' (l'établissement de Dieu sur le Trône) : « Certes, Dieu s'est établi sur Son Trône, mais la manière [de l'établissement] nous échappe. C'est une obligation que d'y croire et s'interroger sur son comment est une innovation. »

     

     

    L'Unicité des Noms et Attributs divins peut être ébranlée par un certain nombre de choses, d'où la nécessité pour le musulman de les éviter :

     

     

    1. L'anthropomorphisme : Cela revient à concevoir le Créateur à l'image du créé, comme le firent les chrétiens à propos de Jésus, les juifs avec Lazare et les associateurs avec leurs idoles. Il en est de même de certaines sectes qui ont comparé la face de Dieu, Sa Main, Sa Vue etc. à celles des créatures.

     

     

    2 - L'altération : C'est le fait de déformer les termes désignant les noms et les attributs divins par l'augmentation ou la diminution de leur nombre, la modification de leurs voyelles ou encore en leur conférant une signification impropre, c'est ce que les innovateurs appellent « l'interprétation » ; en fait, ils donnent au terme un sens que n'admet pas l'usage de la langue.

     

     

    3. La négation : Elle se fait en rejetant les attributs divins, en abandonnant l'adoration due à Dieu ou encore en professant que les créatures sont, au même titre que Dieu, éternelles [Qidam], reniant ainsi que Dieu les a créées et façonnées.

     

     

    4. La détermination du comment [Takyîf] des Attributs de Dieu et la désignation de leur essence.

     

     

     

    Les Noms de Dieu Tout-Puissant

     

     

    Il s'agit de noms propres qui désignent Dieu et que Dieu ainsi que Son Messager ont indiqué respectivement dans le Coran et la Tradition. Ces noms ont été qualifiés de « plus beaux » (Al-husna) car désignant le meilleur nommé (Musammâ) et le plus noble signifié (Madlûl).

     

    Quant au nombre des noms divins, il est rapporté dans le Texte qu'il est de quatre-vingt-dix neuf. Bukhari et Muslim rapportent, d'après Abu Hurayra que le Messager de Dieu (paix et bénédiction d'Allah soient sur lui) a déclaré : 

    « Dieu a quatre-vingt-dix neuf noms, soit cent moins un. Celui qui les retient entrera au Paradis. En vérité, Dieu est Impair et Il aime ce qui est impair. »

     

     

    Les savants musulmans affirment que ce hadith authentique ne signifie pas qu'il faille restreindre les noms de Dieu au nombre cité par le Prophète (paix et bénédiction d'Allah soient sur lui), mais seulement que ces noms désignent Dieu et que quiconque les retiendra, accédera au Paradis. Le hadith n'exclut pas que Dieu ait d'autres noms.

     

    Cela montre qu'il existe d'autres noms que le Créateur n'a pas cités, c'est ce qu'établit le hadith suivant : 

     

    « Il n'est pas de musulman qui, envahi par quelque souci ou chagrin, ne dise : « Seigneur, Dieu ! Je suis ton esclave et le fils de ton esclave. Tu es Mon Maître, Ton ordre, me concernant, ne manque pas de s'accomplir et le destin que Tu m'as prescrit est juste. Aussi, je T'implore par tous les noms que Tu t'es donné, que Tu les aies révélés dans Ton Livre ou enseignés à l'une de Tes créatures ou gardés secrets, fais du Coran le printemps de mon coeur et ce qui dissipe mon affliction et mes soucis. » sans que Dieu ne fasse disparaître son souci pour y substituer de la joie. » 

    [Ahmad, Abu 'Uwâna, Abu Yalâ, Al-Bazzâr]

     

     

     

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