• Divergence sur la femme enceinte et celle qui allaite en période de jeûne

    Les savants ont divergé concernant la femme enceinte et celle qui allaite, si elle craint pour l’enfant qu’elle porte ou qu’elle allaite, et du fait qu’elle rompt le jeûne.

     

    Doit-elle s’acquitter d’une compensation ou non ?

     

    -Les deux imâms - Ach-Châfi’î et Ahmad - sont d’avis pour l’obligation de la compensation sur la base de ce qu’on rapporte de Ibn ‘Abbâs dans le commentaire de la Parole d’Allâh – Ta’âla (traduction rapprochée):

     

    « Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu’avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre. » [1]


     

    Il dit :

     

    « Ce verset a été révélé pour l’homme et la femme âgés qui ne peuvent jeûner, et doivent donc rompre le jeûne et nourrir, en lieu et place, chaque jour un pauvre, de même pour la femme enceinte et celle qui allaite, s’ils elles craignent… »

     

    Abû Dâwoud dit :

     

    « C’est-à-dire, pour leurs enfants. »

     

    SHeikh al-Albânî dit que c’est un récit authentique.

     

    -Les Hanafîtes et Malikites ont été d’avis qu’elles devraient rattraper les jours manqués et non nourrir un pauvre, ce qui est l’avis de al-Hassân, ‘Atâ, an-Nakha’î, az-Zouhrî, et c’est également l’avis adopté par al-Awzâ’î et as-Soufyân ath-Thawrî.

     

    Mais on ne trouve aucun texte qui soutienne cette obligation, et le principe de base est la dispense de toute obligation.

     

    -Mais il est authentifié que Ibn Abbâs et Ibn ‘Oumar ont jugé concernant la femme enceinte et celle qui allaite, lorsqu’elles craignent pour elles ou leurs enfants, de rompre le jeûne et de nourrir un pauvre, car elles entrent sous le coup du verset, et on ne connaît aucun Compagnon qui se soit opposé à eux.

     

    Ibn al-Qayyîm a dit :

     

    « Ce fut l’avis adopté de Ibn ‘Abbâs et d’autres : nourrir en lieu et place du jeûne. »

     

    -SHeikh Taqî ad-Dîn dit :

     

    « Elles rompent et elles compensent ; nourrir pour chaque jour de jeûne non jeûné de ce que les gens mangent.

    Et cela est l’avis de la majorité des dogmes de pensées qui disent : Le jugement de base reste le fait de nourrir (en compensation) pour qui n’a pas la capacité de jeûner. »

     

     

    -At-Tirmidhî dit :

     

    « Ce qui doit être fait selon les Gens de science, elles rompent et elles nourrissent en compensation. » [2]

     

    -L’imâm ach-Chawkânî dit à propos du hadith dispensant du jeûne la femme enceinte et celle qui allaite :

     

    « Ce hadith indique que la femme enceinte et celle qui allaite sont autorisées à ne pas jeûner.

    C’est ce que les jurisconsultes soutiennent au cas où celle qui allaite craint pour le nourrisson et celle qui est enceinte pour son enfant ; elles doivent s’abstenir de jeûner.

    Abû Tâlib a dit : il n’y a pas de divergence sur sa permission. » [3]

     

    [1] Coran, 2/184

    [2] Tawdhîh ul-Ahkâm min Bouloûgh al-Marâm du SHeikh ‘Abdullâh al-Bassâm, 3/569-570

    [3] Nayl al-Awtâr min Asrâr Mountaqa al-Akhbâr de ach-Chawkânî, 8/368

     

    copié de manhajulhaqq.com

     
     
     

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