• La conséquence des péchés et ses effets

     

    Sache que les péchés constituent un voile par rapport au Bien-Aimé.

     

    Or, abandonner ce qui éloigne du Bien-Aimé est obligatoire. 

    Mais ceci ne peut-être que grâce à la science, au regret et à la détermination. 

    En effet, lorsque le serviteur ne voit pas que les péchés sont la cause de l’éloignement du Bien-Aimé, il ne regrette pas les péchés et ne ressent pas de la douleur pour avoir suivi la voie de l’éloignement. Et s’il ne ressent pas de la douleur, il ne rebrousse pas chemin.

     

    Sache que l’homme possède de mauvais caractère et des mauvaises qualités.

    Mais ce qui provoque les péchés est délimité dans quatre mauvaises qualités :

     

    1) La première se rapporte aux qualités seigneuriales qui génèrent l’orgueil, la fierté, l’amour de l’éloge et du compliment, le caractère arrogant, etc. Ce sont là des péchés destructeurs. Or certaines personnes les négligent et ne les considèrent pas comme des péchés.

     

     

    2) La deuxième se rapporte aux qualités sataniques qui favorisent l’envie, l’iniquité, les ruses, les tromperies, les machinations, les fraudes, l’hypocrisie, l’incitation à la corruption, etc.

     

     

    3) La troisième se rapporte aux qualités bestiales qui favorisent le mal, l’attachement à assouvir le désir charnel, d’où la fornication, l’homosexualité, le vol et l’accaparement des futilités pour satisfaire les plaisirs.

     

     

    4) La quatrième se rapporte aux qualités nerveuses qui favorisent la colère, la haine, l’agressivité contre les gens en les frappant, en les tuant en s’emparant de leurs biens.

     

     

    Ce sont là les foyers et les sources des péchés.

     

    Ensuite, les péchés rejaillissent de ces sources vers les membres.

    Ainsi, certains péchés se trouvent dans le coeur, comme l’impiété, l’innovation, l’hypocrisie, la rancune ; d’autres dans l’ouïe ; d’autres dans la langue ; d’autres dans le ventre et le sexe ; d’autres dans les mains et les pieds ; d’autres dans tout les corps. D’ailleurs, ceci n’a pas besoin d’être détaillé, car c’est bien clair

     

    Sache que le péché mineur s’aggrave pour de multiples raisons, notamment à cause de l’obstination et de la régularité.

     

    Il est rapporté dans le hadîth, d’après Ibn ’Abbâs, que le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) a dit :

     « Il n’y a pas un péché mineur lorsqu’il y a obstination et n’y a pas demande de pardon. » [1]

     

     

    Sache que le pardon est plus escompté pour un péché majeur [kabîr] déjà consommé et qui n’a pas été suivi d’un autre du même genre, que pour un péché mineur que le serviteur commet avec régularité.

     

    Ceci trouve son illustration dans l’exemple des gouttes d’eau qui tombent successivement sur une pierre et qui l’affectent. Par contre si on les verse d’un seul coup sur la pierre elles ne l’affectent pas.

     

    Voilà pourquoi le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) a dit :

    « L’oeuvre la plus agréable à Allâh est celle qui perdure même si elle est mineure. » [2].

     

     

    Parmi les raisons qui aggravent les péchés mineurs il y a l’attitude consistant à sous-estimer le péché.

     

    Car plus le serviteur trouve grave le péché, plus Allâh Ta’âla le juge grave.

    Car le fait de le trouver grave résulte de la répugnance du coeur et de sa haine pour ce péché.

     

    ’Abdullâh Ibn Mass’oûd (radhillâhu ’anhu) a dit : « Le croyant voit ses péchés comme une montagne qui menace de s’écrouler sur sa tête et le libertin voit ses péchés comme des mouches tombées sur son nez. » [3].

     

    Si le péché paraît grave dans le coeur du serviteur c’est parce qu’il connaît la Majesté d’Allâh Ta’âla.

     

    Ainsi, lorsqu’il regarde la Grandeur de Celui auquel il a désobéi, le péché mineur devient à ses yeux trop grand.

     

    Il est rapporté dans le Sahîh de al-Bukhârî, d’après Anas (radhiallâhu ’anhu) :

    « Vous commettez des actions qui paraissent à vos yeux plus fines qu’un cheveu et que nous considérions à l’époque de l’Envoyé d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) comme des péchés mortels. »

     

    De même, Bilâl Ibn Sa’ad disait :

    « Ne regarde pas l’insignifiance du péché mais regarde la Grandeur de Celui à qui tu as désobéi. »

     

     

    Parmi les autres causes de l’aggravation du péché mineur, il y a l’attitude du serviteur qui consiste à se réjouir et à se venter de son péché mineur en disant par exemple : « Tu ne m’as pas vu comme j’ai mis en pièce la réputation d’un tel et comme j’ai énuméré ses défauts et ses méfaits au point de lui faire honte, ou en se vantant s’il s’agit d’un commerçant : Ne vois-tu pas comment je lui ai fourgué du toc et comment je l’ai dupé et trompé ? »

     

    Ce genre d’attitude aggrave les péchés mineurs.

     

    Parmi les causes aggravantes du péché mineur, il y a aussi l’attitude du serviteur consistant à négliger la préservation d’Allâh Ta’âla, Sa mansuétude à son égard et le fait qu’Il lui a accordé un répit.

     

    Car le serviteur ne sait pas que cela pourrait être du méprit qui risque d’aggraver son cas.

     

    Comme autre causes aggravantes il y a l’attitude du serviteur consistant à commettre un péché puis le mentionne en présence d’autrui.

     

    En effet, il est rapporté dans les deux Sahîh, d’après le hadîth transmis par Abû Hurayra, que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) a dit :

    « Tous les membres de ma communauté sont préservés, sauf ceux qui exhibent leurs péchés.

     

    L’exhibition c’est que l’homme commet un péché la nuit, puis le matin, et alors qu’Allâh l’a soustrait aux regards, il se met à dire : « O un tel ! Hier soir j’ai commis ceci et cela. Pourtant il a passé sa nuit en bénéficiant de la protection d’Allâh et au matin il dévoile cette protection divine en sa faveur. » . [4]

     

     

    Les péchés nuisent à l’âme humaine comme les poisons nuisent aux corps. Ils se différencient par les effets, aucun mal dans la vie actuelle et l’au-delà n’est que le résultat des péchés commis par l’homme.

     

    Qui est-ce qui fait sortir les parents du Paradis, maison du plaisir, de joie et de gaieté à la maison des douleurs, des tristesses et des malheurs ?

     

    Qui est-ce qui fait sortir Satan [Iblis] des cieux, qui le chasse, le maudit et le corrige en transforment son image en la rendant laide ?

     

    Qui est-ce qui change la miséricorde en malédiction, la beauté en laideur, le paradis en enfer brûlant, la foi en athéisme et le croyant en infidèle ?

     

    Qui est-ce qui inonde la terre et couvre de l’eau les sommets des montagnes ?

     

    Qui est-ce qui détruit ’Ad par un ouragan rugissant ? Qui est-ce qui fait souffler contre eux pendant sept nuit et huit jours successifs ? Ils sont renversés par terre comme des tronçons de palmiers creux en dedans. Aucun d’entre eux ne reste sain et sauf.

     

    Qui est-ce qui a détruit Thamoud par un cri terrible parti du ciel ? Ces gens sont tous morts.

     

    Qui est-ce qui a détruit les villages de Loth, les anges entendirent le hurlement de leurs chiens, il renversèrent les villages sur eux. Ils en sont tous morts pour avoir accusé leurs Prophètes d’imposture.

     

    Qui est-ce qui envoya au peuple de Chou’aîb un nuage noir comme l’ombre, qui lorsqu’il arriva juste au-dessus de leurs têtes plût de feu brûlant ?

     

    Qui est-ce qui a fait naufrage au peuple de Pharaon [fir’awn] dans la mer, puis transporta leurs âmes en enfer ? Les corps ont subit un naufrage. Les âmes brûlent en enfer.

     

    Qui est-ce qui ordonna à la terre d’engloutir Qâroûn, son palais, sa richesse immense et ses parents ?

     

    Combien de nations depuis Noé [Nûh], Allâh a exterminé ?

     

    Qui est-ce qui a exterminé le peuple du compagnon de Yassin par un cri du ciel, jusqu’à ce qu’ils fussent tous morts ?

     

    Qui est-ce qui a envoyé aux Enfants d’Israël [Banu Isrâ-îl] un peuple fort et cruel ? Ils attaquèrent leurs maisons, ils tuèrent les hommes, ils capturèrent les femmes et les enfants, ils brûlèrent leurs maisons et volèrent leurs richesses. Il les envoyâmes une deuxième fois afin d’exterminer ce qui restait.

     

    Allâh - Ta’âla - dit :

    « Et lorsque ton Seigneur annonça qu’Il enverra certes contre eux quelqu’un qui leur imposera le pire châtiment jusqu’au Jour de la Résurrection. »

    [5]

     

     

    L’imâm Ahmad rapporte un hadîth de Um Salama qui dit : J’ai entendu le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) dire :

     « Lorsque les péchés apparaissent dans ma nation, Allâh les châtie tous d’une torture affreuse.

    Ô Messager d’Allâh ! N’y a t’il pas parmi eux des pieux ? Dis-je. Ils seront châtiés comme les autres puis ils auront la Miséricorde et le Pardon d’Allâh. » [6]

     

    Dans le Musnad, Thawbân rapporte que le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) a dit : « L’homme sera dépourvu des biens d’Allâh [rizq] à cause des péchés qu’il commet ». [7] [8]

     

     

    Notes

    [1] Hadîth faible, Dha’îf al-Djâmi’ al-Saghîr n°6308

    [2] Unanimement reconnus authentique

    [3] Rapporté dans les deux Sahîh

    [4] Kitâb « Moukhtasar Minhâj al-Qâsidîn » de Ibn Qoudâma al-Maqdissî, p.313

    [5] Coran, 7/165

    [6] Hadîth Sahîh dans le Musnad de l’Imâm Ahmad, rapporté aussi par al-Haythamî dans « Madjmu’a al-Zawâ-îd »

    [7] Rapporté par Ahmad, al-Hâkim dans « al-Mustadrak » avec un isnâd Sahîh

    [8] Kitâb « ad-Dâ-a wad-Dawâ-a » de l’Imâm Ibn Al-Qaïda, p.84

     

     

     

     

     

     

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