• Lorsque les musulmans plongent dans le racisme -

    Le monde actuel est truffé de combles et de paradoxes. Alors que Marine Le Pen poursuit son irrésistible ascension dans les sondages, certains musulmans n’ont rien fait de mieux que de l’imiter dans ses réflexes xénophobes. Les mêmes frères et soeurs qui critiquaient jadis et qui critiquent aujourd’hui encore, la méthodologie du front national, sont finalement tombés dans le même piège de la vanité. Au final, c’est le camembert qui reproche au roquefort de sentir mauvais…

    Condamner le racisme était un phénomène « à la mode » dans les années 80. Et en tant que jeunes issus des quartiers défavorisés, nous avions eu cette chance unique de vivre les avantages du melting pot, des classes à l’intérieur desquels s’agitaient des jeunes de cultures différentes, à l’image de l’ONU où l’on se querelle en toutes les langues, pour finalement brasser du vent, car chacun est trop fier de son clan et de ses dogmes…

    De l’eau a coulé sous les ponts depuis. Avec le temps, la confiance en soi et un sentiment de suffisance ont peu à peu pris les rênes de la société. Plusieurs occasions ont influencé certains de nos frères et soeurs, jusqu’à les faire sombrer dans des formes d’injustices, que nous essayerons de dénoncer dans ce zoom. Il sera l’occasion d’ouvrir le tiroir des non-dits, celui où les deux acolytes « racisme » et « chauvinisme » mènent la dance.

    Lorsqu’on vit dans une société aussi éclectique et multiculturelle que celle de la France, le réflexe consiste pour beaucoup d’entre nous, à se lancer dans une quête de l’identité, histoire de se retrouver dans ce que certains pourraient appeler « le tohu-bohu culturel ». Tout au long de cette recherche de soi-même, on ne peut alors éviter du regard, les origines de papa et maman, son patronyme, son teint, etc. Il faut alors essayer de cohabiter avec ceux qui nous ressemblent, de manière à partager des valeurs communes et construire avec eux, notre conception de la vie. Et si les choses sont comme cela, c’est tout simplement parce qu’ils ont les mêmes outils que nous…

    C’est alors que se construisent les premières barrières. Il suffit parfois que des parents soient nés à quelques kilomètres de l’autre côté de la frontière, pour voir leurs enfants subir procès d’intention sur procès d’intention, des torrents de sarcasmes, quelques privations de droits, etc. Quant à l’un de nos compatriotes, bénéficiant de la même identité nationale que la nôtre, aussi injuste soit-il, on l’accueille les bras ouverts et lui offre l’hospitalité des grands jours, ainsi qu’une indulgence à deux vitesses.

    Le favoritisme est en effet, l’une des confirmations du racisme pratiqué par certains. Cette générosité à géométrie variable commence avant tout dans le coeur, par un ensemble de prédispositions fraternelles (à ne pas confondre avec la fraternité au sens islamique du terme), et des choix sociaux qui grillent la priorité aux principes du Coran et de la Sunna. On le voit par exemple, lors des demandes en mariage, où un nombre inquantifiable de frères et soeurs se plaignent d’avoir vu certaines familles s’opposer à l’union entre un frère et une soeur, pour des raisons essentiellement liées à l’origine ethnique. Et peu importe si les deux s’aiment et s’entendent, peu importe le hadith authentique rapporté par At-thirmidi, dans lequel le messager de Dieu (prière et salut sur lui) dit « Lorsque celui dont vous agréez la religion et le caractère vous demande (la main de votre fille), mariez-les [si celle-ci est d’accord]. Si vous ne le faites pas, il y aura une tentation et un grand mal sur la terre » !

    Ce qui importe, c’est le choix des barons de la culture, et non pas les exhortations du culte…Mais comment peuvent-ils distinguer la religion d’une personne et tirer profit de son bon caractère, alors qu’ils ont fait le choix de s’arrêter à la surface de l’individu, sa couleur de peau, son origine ethnique, etc ?

    Allez leur rappeler s’ils ont un coeur pour comprendre et des oreilles pour entendre, le verset de la sourate Al Ahzab :

    Il n'appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois que Dieu et Son messager ont décidé d'une chose, d'avoir encore le choix dans leur façon d'agir. Et quiconque désobéit à Dieu et à Son messager, s'est égaré certes d'un égarement évident.

    Préfèrent-ils plutôt s’enorgueillir de leurs origines, à l’image de ce qu’annonçait déjà le messager de Dieu (prière et salut sur lui) ? :

    « Il y a quatre pratiques de la Jahiliya (époque de l’ignorance avant l’Islam) dans ma communauté qui ne seront pas abandonnées : le fait de s’enorgueillir de sa filiation, la récusation de la généalogie, la demande de pluie adressée aux étoiles et la lamentation sur les morts » Rapporté par Mouslim

    Il arrive également qu’entre gens d’un même pays, certaines familles ne veuillent pas d’un berbère, là où d’autres refuseraient un arabe, etc. Finalement, là où ils semblent construire des frontières à l’intérieur de leurs mondes, ils oublient qu’ils ont transgressé celle qui délimitait le hadith précédent. Et Allah est le meilleur des secoureurs…

    Mariage toujours, mais cette fois-ci lors de la cérémonie. Pourquoi donc les familles s’obstinent-elles à limiter les invitations aux gens de leur « race » ?

    Pourtant dans leur quartier, au sein même de leur voisinage, leurs frères et soeurs qui ne sont pas issus des mêmes origines et cultures, se voient retirés leur droit à l’invitation.

    Allez donc jeter un coup d’oeil dans les cérémonies de mariage musulmans, et mesurez le casting à l’aune de la fraternité islamique ! N’y a-t-il pas une sélection manifeste dénuée de tout principe d’équité ?

    On entendra alors les gens dire que sous prétexte de ne pas avoir été invité par « ces gens » à l’occasion de leurs mariages, ils ne les inviteront pas non plus…Et même si les uns font le premier pas, il n’est même pas sûr qu’ils les invitent, parce qu’en réalité, en « bon » racistes qui se respectent, ils préfèrent voir « les autres », loin de leurs projets…

    Les sources authentiques nous apprennent d’ailleurs que la sélection dénuée d’équité existait déjà au temps du Prophète (prière et salut sur lui), pratique qu’il a d’ailleurs dénoncée avec la plus grande fermeté :

    « Le pire des repas est celui pour lequel on a invité les riches en laissant les pauvres à l'écart » Authentique par Al Bokhari.

    La fraternité est littéralement étranglée dans ces occasions où l’on reconnaît ceux qui favorisent les gens de leurs origines. Or, la fraternité islamique ne prend en considération aucune nationalité, pas même les personnes d’origine arabe.

     

    LA VANITE ARABE

     

    Comme très souvent au sein de la communauté musulmane, c’est en partie à cause d’ahadiths faibles, voire inventés, que des injustices ont été commises par certains musulmans. Il m’est donc apparu essentiel de proposer aux lecteurs, quelques précisions à propos de certaines sources populaires, n’ayant aucune légitimité dans notre religion.

    La première d’entre elle, est un hadith que j’avais entendu très jeune, parfois même dans certaines mosquées, et selon lequel le messager de Dieu (prière et salut sur lui) aurait dit : « J'aime les Arabes pour trois raisons : Je suis arabe, le Coran est (en langue) arabe et la langue du Paradis est l'arabe. »

    Il s’avère alors que ce hadith, rapporté par Al Hakim, At-tabarani, Al Bayhaqi et d’autres, est jugé faible, voire inventé, par les savants du hadith. D’une part, les insuffisances et les anomalies sont nombreuses au niveau des chaines de transmissions (rapporteurs délaissés et considérés comme réprouvés, par les hadithologues), et d’autre part, cette parole se télescope avec d’autres ahadiths authentiques. En effet, cette invitation à l’amour des arabes n’a aucune base religieuse et va même à l’encontre du message de l’Islam. Comme souvent, l’oubli et l’ignorance jouent un rôle proéminent dans la prolifération de ce genre de doctrines. Quant au patrimoine du Coran et de la Sunna, les preuves qui permettent de souligner l’incohérence de ce message et son incompatibilité avec les valeurs prônées par l’Islam, ne manquent pas.

    Si le fait d’aimer les arabes constituait un sentiment exhorté en Islam, nous oublions presque que des arabes (peuple de Qoraych) de l’époque du prophète (prière et salut sur lui), étaient considéré comme les ennemis de l’idéologie musulmane. Certains d’entre d’eux n’hésitaient pas à agresser physiquement le messager de Dieu (prière et salut sur lui) ou à torturer les premiers musulmans. Nous oublions également que parmi de nombreux arabes nous côtoyant actuellement, certains d’entre eux n’ont pas vraiment le comportement digne de ce qu’Allah attend d’eux...

    Partant également du principe qu’Allah est l’ennemi de quiconque s’oppose à Son commandement, et que les arabes ne sont pas tous pieux, musulmans et dévots, il serait insensé de croire que parmi Ses ennemis, il n’y a pas d’arabes…

    Cette narration nous amène à nous poser la question suivante :

    « Serions-nous donc contraints à aimer des ennemis de Dieu ? »

    Il existe en Islam deux cibles inévitables de l’amour des croyants : Allah et Son messager (prière et salut sur lui). Le premier amour prend source dans le 165ème verset de la sourate Al Baqara, dans laquelle il est dit :

    Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allah. Or les croyants sont les plus ardents en l'amour d’Allah.

    Ainsi que dans le 24ème verset de la sourate Le repentir :

    Dis : "Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, vous sont plus chers que Dieu, Son messager et la lutte dans le sentier de Dieu, alors attendez que Dieu fasse venir Son ordre. Et Dieu ne guide pas les gens pervers

    Le deuxième amour, bien qu’il soit renforcé par le verset cité plus-haut, est également prescrit dans le hadith authentique rapporté par Al Bokhari et Mouslim, selon lequel le messager de Dieu (prière et salut sur lui) dit :

    « L’un d’entre vous ne devient vraiment croyant, que lorsqu’il m’aime plus que son fils, son père et l’ensemble des gens »

    Quant aux autres formes d’amour requises en Islam, il est connu d’après les sources authentiques, que les niveaux les plus élevés de la foi musulmane, dépendent de certains critères, énumérés dans le fameux hadith rapporté par Al Bokhari. Celui-ci nous apprend que le Prophète (prière et salut sur lui) a dit : « Trois choses, lorsqu'on les possède, font savourer la douceur de la foi : d'abord d'aimer Dieu et son Envoyé plus que tous les autres êtres ; en second lieu, si on aime quelqu'un, ne l'aimer qu’en vue de Dieu ; enfin de redouter de retourner à l'idolâtrie comme on redoute d'être précipité dans l'enfer ? » Est-il alors possible d’aimer une personne dont le comportement est outrancier, quand bien même elle serait arabe ? Si tel était le cas, l’Islam immuniserait les arabes contre le racisme de la part des autres croyants, et cela uniquement parce qu’ils sont arabes. Ce principe inconnu de la Sunna ferait finalement d’eux, une caste supérieure qui conduirait la communauté musulmane à pratiquer un favoritisme racial, et cela est tout simplement inadmissible du point de vue de la Chari’a…

    Mais allons plus loin encore, puisque les sources ne manquent pas pour isoler ce fameux hadith qui fait tant plaisir à certains arabes…

    Le dernier sermon du messager de Dieu (prière et salut sur lui) est un exemple en la matière. A cette occasion, il (prière et salut sur lui) n’a pas manqué de rappeler à quel point : « Un Arabe n'est pas supérieur à un non arabe et un non arabe n'est pas supérieur à un arabe. Un blanc n'est pas supérieur à un noir et un noir n'est pas supérieur à un blanc - seulement par la piété et la bonne action. Sachez que chaque musulman est le frère de chaque musulman et que les musulmans constituent une fraternité. »

    Ce rappel rejoint d’ailleurs le 13ème verset de la sourate Al Hujjurat. Allah (exalté soit-il) dit :

    Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, afin que vous vous fassiez connaissance les uns avec les autres. Le plus noble d'entre vous auprès de Dieu, est le plus pieux

    Autre élément à charge, pour celles et ceux qui croient avoir quelque chose de supérieur aux autres parce qu’ils sont arabes, un hadith authentique rapporté par Ahmad, selon lequel le Prophète (prière et salut sur lui) dit à Abou Dharr (un arabe parmi tant d’autres) : « Sache que tu n’es pas meilleur qu’un blanc ou un noir, sauf si tu le dépasses en piété »

    Quant au reste des narrations authentiques, elles nous apprennent qu’à chaque fois que le prophète (prière et salut sur lui) avait exhorté les membres de sa communauté à aimer quelqu’un, il s’agissait là de personnes ou de groupes de personnes exemplaires, dont l’amour envers elles ne pouvait qu’encourager les gens à faire mieux ou autant. C’était notamment le cas des Ansâr (habitants de Médine qui avaient accueilli le prophète (prière et salut sur lui) et lui avaient accordé refuge et sécurité). En effet, dans le hadith rapporté par Al Bokhari, le messager de Dieu (prière et salut sur lui) dit « C’est un signe de foi que d’aimer les Ansâr ; c’est un signe d’hypocrisie que de les haïr. » Les Ansâr avaient un mérite particulier dans la mesure où ils avaient accordé refuge et protection au meilleur des hommes et qu’ils avaient joué un très grand rôle dans la pérennisation du message de l’Islam, alors que rappelons-le, les arabes de La Mecque avaient quant à eux, chassé le Prophète de Dieu (prière et salut sur lui) …

     

     

    LE NATIONALISME

     

    L’idéologie musulmane a été instituée afin de rapprocher les peuples autour d’un projet commun : l’adoration exclusive d’Allah. Certains exégètes ont stipulé que le terme « Islam », dont l’un des sens veut dire « Paix » (Salâm), suggère l’idée de réconciliation entre les hommes et leur créateur, ainsi que les hommes entre eux.

    Les nombreuses sources religieuses s’accordent à conforter et soutenir cette idée de communauté unique et soudée, et il n’est pas dans les facultés du musulman, que d’incliner son coeur vers un être uniquement parce qu’il est ou fait partie d’une race particulière. A ce propos, citons le hadith authentique rapporté par Al Bokhari et Mouslim, dans lequel le messager de Dieu (prière et salut sur lui) disait, à propos de l’esprit tribal et nationaliste : «Délaissez-le, c’est une pourriture ».

    Mouslim et d’autres rapportent également un autre hadith, où le Prophète (prière et salut sur lui) met en garde : « Celui qui lutte sous un drapeau en faveur d’une cause partisane, ou qui répond à l’appel d’une cause partisane ou pour aider une cause partisane, ne fait pas partie de ma communauté (dans une autre version : et qu’il meurt après cela, sa mort est pour la cause de la jahilya (époque de l’ignorance)»

    Quant au dernier verset de la sourate Al Hujjurat, Ibn Kathir le commente comme suit : « Allah (exalté soit-il) dit en informant les gens qu’Il les a créés d’une seule personne, et Il a créé d’elle son épouse (Adam et Eve) ; et Il a fait d’eux des nations, qui sont plus générales que les tribus, et après les tribus, il y a d’autres catégories, comme les groupes de gens, les clans, et d’autres choses… Et il est dit : « les nations » veut dire les phratries [les branches] des non arabes, et les tribus sont les phratries des arabes, tout comme les « Asbath » sont les phratries des fils d’Israël…alors, tous les hommes sont égaux dans l’honneur en ce qui concerne le fait qu’ils descendent d’Adam et Eve, mais ils se différencient dans les affaires religieuses, qui sont : l’obéissance à Allah (exalté soit-il) et le fait de suivre Son messager (prière et salut sur lui). C’est la raison pour laquelle Il a dit (exalté soit-il) après l’interdiction de la médisance et du fait que certaines personnes se méprisent les uns les autres, pour attirer l’attention sur leur égalité en ce qui concerne l’humanité : {O Hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, afin que vous fassiez connaissance les uns avec les autres} ; c’est-à-dire afin qu’ils se connaissent les uns les autres, chacun provenant de sa tribu […]

    Al-Boukhari rapporte un hadith d’après Abou Horayra (qu’Allah l’agréé) : « On interrogea le messager d’Allah (prière et salut sur lui) : « Quelle est la personne la plus noble ? ». Il dit : « Le plus noble d’entre vous auprès d’Allah, est le plus pieux [celui qui craint Allah le plus] ». Ils dirent : « Nous ne t’interrogeons pas à propos de cela ». Il dit : « Alors l’homme le plus noble est Youssouf le prophète d’Allah, le fils du prophète d’Allah, le fils du prophète d’Allah, le fils de l’ami intime d’Allah ». Ils dirent : « Nous ne t’interrogeons pas à propos de cela ». Il dit : « Alors vous m’interrogez à propos des meilleurs parmi les arabes ? ». Ils dirent : « Oui ». Il dit : « Alors, les meilleurs d’entre vous pendant l’époque de l’ignorance préislamique (jahiliya), sont les meilleurs dans l’Islam s’ils apprennent la religion »

    Il serait donc tout simplement mensonger de croire un instant, que l’Islam ait institué un quelconque principe de race supérieure. Il n’est d’ascendant et de prééminence, que le critère de la piété. Mais malheureusement, ces théories voient une série de pratiques chauvines prendre le dessus. Et nombreux sont les chemins qui y mènent, à commencer par le football…

     

    LE FOOTBALL : CHEVAL DE TROIE DU RACISME

     

    S’il y a bien une occasion où les musulmans du monde ne savent plus garder leur contrôle, c’est bien lors des matchs de football. Chacun garde en tête les querelles récurrentes, qui opposent les supporters des équipes de pays musulmans, lorsqu’elles jouent entre elles. Et plus sur le plan historique, la rivalité est grande, plus la passion atteint des niveaux intenses. Lors des matchs éliminatoires de la dernière coupe du monde 2010, il a été question d’une confrontation entre les équipes algérienne et égyptienne. Les rencontres se sont déroulés dans de tragiques conditions, puisque des personnes ont trouvé la mort…Et tout cela, uniquement pour quelques minutes de jeu, où une vingtaine de créatures s’excitent autour d’un ballon en cuir…L’intelligence et la morale islamique ont été littéralement enterrées pour quelques minutes de jeu. Fini les discours de fraternité, place désormais aux railleries, aux slogans nationalistes ! Nous qui étions hier unis comme les cinq doigts de la main, nous voici grâce au football, devenu des ennemis sans scrupules…Les matchs sont finis depuis longtemps déjà, la coupe du monde s’en est allé entre les mains des espagnols, et les familles pleurent encore leurs morts…Cette haine et cet enthousiasme valaient-ils le coup ?

    Récemment, une autre confrontation a opposé le Maroc à l’Algérie. Les semaines précédant le match, la hache de guerre a été une fois de plus, déterrée. Finie la fraternité, place à la rivalité, à la vanité et à l’extase. Il a fallu attendre l’invention d’internet, des forums et des réseaux sociaux, pour faire dire tout haut, ce que des marocains et des algériens pensent tout bas, les uns des autres. Une fois l’un en face de l’autre, les « Salam ‘alaykoum », les accolades et autres sourires de circonstance, refont surface. Mais n’est-ce pas en réalité, le comportement des lâches et des hypocrites, que celui de railler les autres en coulisses ?

    Allez leur rappeler ce que leur Créateur, qui connaît parfaitement leurs défauts, a dit dans la sourate al hujjurat :

    Ô vous qui avez cru ! Qu'un groupe ne se raille pas d'un autre groupe : ceux-ci sont peut-être meilleurs qu'eux. Et que des femmes ne se raillent pas d'autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu'elles. Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que "perversion" lorsqu'on a déjà la foi. Et quiconque ne se repent pas...Ceux-là sont les injustes.

    Le racisme est à l’enfant, ce que la modestie est à l’adulte. Les plus tolérants des croyants, sont en réalité ceux qui font preuve d’humilité et de clairvoyance, lorsqu’ils se souviennent des signes de Dieu, ainsi que de la réalité de leurs défauts. Comment un être conscient de ce que l’au-delà prépare, peut-il continuer à caricaturer son entourage et se croire meilleur que lui ? Et si chacun savait à quel point ce qu’on adule tant, est peut-être maudit par Allah, plus personne ne fournirait autant d’énergie dans la glorification des valeurs terrestres.

    At-thirmidi rapporte un hadith authentique, dans lequel le messager de Dieu (prière et salut sur lui) dit : « Ce bas monde est maudit, est maudit tout ce qu’il contient, à l’exception de l’évocation d’Allah et de ce qui s’ensuit, de même qu’un savant et qu’un étudiant ».

    Le football plonge parfois certains de nos frères et soeurs, dans des états d’ébriété avancés. On les voit alors s’aveugler dans un fanatisme et un déchainement incontrôlables. Les coeurs bouillonnent d’impatience et là où le recueillement dans la prière n’a peut-être jamais été vécu, on préfère accorder à une compétition terrestre, une effervescence digne d’un enjeu capital. Dans ces moments de jihad footballistique, la piété sportive ne connait plus de conscience religieuse. Il arrive même que les glandes lacrymales expulsent des larmes de passion et que les coeurs se mettent à battre jusqu’aux limites de l’infarctus. Le football constitue l’un des réseaux les plus fructueux pour le diable, en termes d’intermédiaire entre les loisirs et les interdits. Et comme cette forme de distraction touche un très grand nombre de gens, et parmi eux des musulmans, l’occasion est trop grande pour la laisser passer…C’est pourquoi l’une des recettes diaboliques la plus en vogue, consiste à manipuler la quantité d’intérêts autour du football, de manière à porter atteinte à la qualité fraternelle qui devrait théoriquement, lier les musulmans entre eux…

    Si bien entendu, certains frères et soeurs savent rester mesurés lors de ces manifestations sportives, une minorité de supporters ne distingue plus les limites. Et ce n’est qu’après un long recul, qu’ils admettent s’être laissés aller, oubliant les droits de chacun. La réalité des matchs opposants des musulmans entre eux, nous exhibe de malheureuses scènes, où la jalousie et l’antipathie ne se reconnaissent plus dans système sunnite. Comment a-t-on pu en arriver à ce niveau de dégénérescence, lorsque la concentration, la passion et l’exaltation ne sont investies que dans le cadre des loisirs ? D’aucuns diront que l’Islam n’a pas interdit le football et qu’il n’est question que de divertissement. Quant à la rivalité entre croyants, elle est certainement l’une des ruses du diable qui n’espère qu’une chose : la division. Lorsque celle-ci touche les musulmans, elle devient effectivement le meilleur moyen d’empêcher tout cohésion dans la communauté, de ralentir ou d’empêcher la concrétisation de projets (petits et grands), d’accroître les mauvaises actions par la médisance et la calomnie, de les exposer à une colère qui déclenche des guerres et des crimes, etc. C’est pourquoi notre bien-aimé (prière et salut sur lui), n’a cessé de rappeler à quel point le diable était une source de troubles pour les croyants. At-thirmidi rapporte un hadith qu’il qualifie de bon dans ses sunans, d’après Jabir (qu’Allah l’agréé) : le messager de Dieu (prière et salut sur lui) a dit : « Le diable a désespéré de voir les prieurs l’adorer, mais il n’a jamais désespéré de semer la zizanie entre eux »

    Les prochaines échéances nous promettent malheureusement de nombreux excès. Et si effectivement nos origines peuvent nous encourager à vibrer pour un maillot ou un drapeau, surtout lorsque l’équipe qui les représente est talentueuse, sachons alors faire preuve d’intelligence, en priorisant nos liens fraternels afin de décevoir l’ennemi de Dieu.

     

    UNE FRATERNITE A DEUX VITESSES

     

    Si l’on s’en tient à ce que disait le messager de Dieu (prière et salut sur lui), dans le hadith authentique rapporté par Ahmad : « L’image des croyants dans l’amour, la miséricorde et l’affection qu’ils se portent, est comparable à celle d’un même corps : lorsqu’un membre se plaint de quelque douleur, c’est l’ensemble du corps qui en pâtit par l’insomnie et la fièvre », nos témoignages nous montrent plutôt une ambivalence manifeste et une fraternité qui marcherait à la manière d’un moteur hybride. Tantôt nous prenons fait et cause pour les palestiniens, tantôt, on remarque un déficit de popularité et d’investissement moral, matériel et financier, lorsqu’il est question de la souffrance de nos frères et soeurs de Tchétchénie, d’Afghanistan, d’Irak, etc. Cette fraternité à géométrie variable dévoile une conception étrangère à l’Islam : il y aurait comme un genre de hiérarchie de la souffrance entre les populations musulmanes. Que le conflit israélo-palestinien perdure depuis plus de 60 ans, cela est une chose. Malgré tout, il importe de rappeler que la fraternité musulmane transcende les frontières et les origines.

    Et qu’en est-il de la solidarité entre nous ? Comment réagissons-nous à la lecture ou à l’écoute de cette autre tradition authentique rapportée par Al Bokhari et Mouslim « Le croyant est pour son frère tel un édifice dont les pierres se soutiennent les unes par rapport aux autres (en disant cela, il croisa ses doigts) » ? Si chacun savait se désolidariser des préjugés et des discours caricaturaux qu’il a pu entendre ici et là, on construirait alors un rempart entre nous et les injustices envers nos frères et soeurs, voire même envers ceux qui ne partagent pas notre foi. Car en effet, le racisme et l’injustice transpirent bien au-delà des murs de notre communauté…

    At-thirmidi et Mouslim rapportent un hadith authentique, selon lequel le Prophète (prière et salut sur lui) a dit : « Le musulman est le frère du musulman. Il ne le trahit pas, ne lui ment pas et ne se refuse pas à le secourir. Toute la personne du musulman à l’égard de son frère est sacrée : tant son honneur que ses biens et sa vie. La crainte de Dieu se trouve ici (il désigna sa poitrine). Le fait même qu’un musulman méprise son frère est déjà un mal »

    Cet illustre hadith, si effectivement il était appliqué à la lettre, verrait sans aucun doute notre communauté se renforcer et concrétiser de grands projets. Malheureusement, si certains frères et soeurs ont réussi à transcender la barrière ethnique et nationaliste, il s’avère que le diable a trouvé dans les divergences idéologiques, une nouvelle arme de division. C’est alors que le racisme laisse la place au sectarisme, dont le vice est encore plus profond, dans la mesure où il ne se limite plus à une région géographique et des origines ethniques, mais à une méthodologie choisie par les uns et les autres. L’unité ne se limite alors, qu’entre personnes de même sensibilité, jusqu’au jour où tout individu qui ne partage pas la même conception est taxé de mécréance, d’innovation religieuse, ou de perversité…Ceci étant dit, le croyant est de nature optimiste, et il trouve dans le Livre Saint, quelques fragments de lumière qui lui permettent de garder l’espoir. Puisse Allah nous unir davantage et accroître notre tolérance.

    Ô les croyants! Craignez Allah comme Il doit être craint. Et ne mourez qu'en pleine soumission. Et cramponnez-vous tous ensemble au "Habl" (câble) d'Allah et ne soyez pas divisés ; et rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous lorsque vous étiez ennemis, c'est Lui qui réconcilia vos coeurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d'un abîme de Feu, c'est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi, Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés. Sourate Al Imrane, versets 102 et 103

     

    Et Allah est mieux Savant…

     

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  • Commentaires

    1
    Jamila
    Mardi 1er Septembre 2015 à 11:47

    C'est malheureux mais c'est comme ça. Et ça ne changera pas ...

    2
    Fatiha
    Mardi 1er Septembre 2015 à 13:10
    Merci pour ce rappel
    3
    Dialli
    Mercredi 4 Mai à 08:26
    Une realite


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