• *Ta Famille ton épreuve*

    Les musulmanes et les musulmans savent que la vie ici-bas n’est qu’une longue succession d’épreuves. Il en est de plus difficile à surmonter que d’autres.

    Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un sujet sensible qui concerne une large majorité de croyants : la famille.

     

    Rares sont les musulmans – si tant est qu’il en existe – qui n’ont ni père, ni mère, ni frère, ni sœur, ni oncle, ni tante, ni cousin, ni cousine…

     

     

    Nous sommes toutes et tous liés par le sang avec des êtres qui nous ressemblent plus ou moins.

     

    Sourate Al ‘Imrân, verset 14 :

    « On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'ils désirent: femmes, enfants, trésors thésaurisés d'or et d'argent, chevaux marqués, bétail et champs ; tout cela est l'objet de jouissance pour la vie présente, alors que c'est près d'Allah qu'il y a bon retour.»

     

    Ces personnes – donc ces épreuves – peuvent être soit des épreuves positives, soit des épreuves négatives et dans les deux cas, ce sont nos réactions qui sont jugées.

    Ta Famille ton épreuve

     

    Selon Souhayb Ibn Sinan رضي الله عنه , le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم a dit : « Ce que l’affaire du Croyant est étonnante ! Son affaire ne comporte (pour lui) que du bien, et cette faveur n’appartient qu’au Croyant : s’il est l’objet d’un événement heureux, il remercie Allah et c’est là pour lui une bonne chose. S’il est victime d’un malheur, il l’endure avec patience et c’est là encore pour lui une bonne chose ». (Rapporté par Moslim)

     

    On comprend clairement, à la lecture de ce hadith, que ce qui est important dans les deux cas ce n’est pas tant l’évènement qui a lieu dans la vie du musulman mais bien sa capacité à l’appréhender.

     

    Ne pensez-vous pas qu’en prenant conscience de cette réalité, les familles seraient plus soudées ?

     

    Ce problème est primordial car l’état de la famille est à petite échelle, le reflet de l’état de la communauté musulmane.

     

    L’individualisme devient roi, la communication rare, le jugement des actes bon ou mauvais standardisé…

     

    Dans un tel climat il n’est pas étonnant de voir des familles entières se déchirer.

     

    De nos jours le divorce est banalisé, le mari se plaint de la femme, la femme de l’homme, les parents des enfants, les enfants des parents…si bien qu’il est très rare de trouver des familles dans lesquelles la sérénité est de mise.

    Pourtant, il suffit de savoir, non pas d’où nous venons mais plutôt où nous allons pour remettre les choses à plat et avoir un avis objectif sur des situations plus ou moins chaotiques.

     

    Al Baqara, verset 156

    إِنَّا لِلّهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعونَ

    « Certes nous sommes à Allah, et c'est à Lui que nous retournerons. »

     

     

    Combien de pères et de mères ont passé des jours et des nuits à pleurer pour des enfants ingrats qui ne respectent pas les préceptes les plus élémentaires de l’Islam ?

     

    Combien d’enfants de parents qui mécroient ont passé des jours et des nuits à pleurer pour des parents égarés qui ne veulent rien entendre de La Vérité ?

     

    Si ce n’est pas un parent ou un enfant qui est égaré, c’est un oncle, une tante, un cousin qui l’est…

     

    Lorsqu’un membre de sa famille se trouve égaré, il est difficile de rester indifférent.

     

    Ce sont les liens du sang qui sont mis à l’épreuve et tous les musulmans se doivent de les respecter. Le cœur est touché, affaibli, attristé et de ce fait la foi peut s’en trouver affectée.

     

    Nous avons, à travers les récits des Prophètes سلم عليهم, d’excellentes leçons à tirer pour nous aider à endurer ces douloureuses épreuves qui viennent assombrir notre quotidien.

     

    Pour Noé سلم عليه, en plus d’avoir vécu durant des siècles avec la mission d’appeler son peuple à croire en Allah l’Unique, il eut à endurer la mécréance d’une épouse et d’un fils.

     

    Il en était de même pour Loth سلم عليه et Assia سلم عليها, qui eurent à endurer des conjoints exécrables. Comment ont-ils survécu à de telles épreuves en gardant foi en Allah ?

     

    Ils l’ont fait en prenant conscience d’une chose, celle-là même que nous enseigne Allah par l’intermédiaire de Son Prophète صلى الله عليه و سلم,

     

    sourate At-Tawbah, verset 129 :

    « Alors, s'ils se détournent dis: "Allah me suffit. Il n'y a de divinité que Lui. En Lui je place ma confiance; et Il est le Seigneur du Trône immense". »

    « S’ils se détournent de la loi divine noble et pure que tu leur as apportée s’ils renoncent à te croire et à suivre ton message, ne t’en attriste pas et dis : « Allah me suffit. Il n'y a de divinité que Lui. En Lui je place ma confiance; et Il est le Seigneur du Trône immense » »[1]

     

    Tu nais seul(e), tu meurs seul(e) et tu ressuscites seul(e). Cette trinité est reconnue par tout musulman. Ce que nous avons tendance à oublier lorsque nous croulons sous les épreuves c’est que nous vivons seul(e) ! Quand bien même nous sommes entourés du matin au soir par notre famille, nos collègues, nos amis : nous sommes seuls.

     

    Parfois, nous oublions cette évidence, nous oublions que nous ne vivons pas pour les gens qui nous entourent mais simplement avec eux, à leurs côtés.

    Le jugement qui est important n’est pas le leur mais plutôt celui d’Al-Hassibou, Celui qui sera en mesure de nous condamner à un châtiment terrible en cas de désobéissance.

     

    Mon conjoint (homme ou femme) est injuste, méchant(e), colérique, ingrat(e), dois-je me laisser dépérir et glisser lentement vers la mécréance en n’ayant plus la même ferveur dans mon adoration pour Allah parce que les scènes de ménage quotidiennes me prennent trop de temps et d’énergie ?

     

    Mon père ou ma mère n’accepte pas de voir se manifester ma foi à travers une barbe ou un hijab, dois-je pour autant délaisser tout le reste de la religion ?

     

    Sourate Ar-Roum, verset 60 :

    « Sois donc patient, car la promesse d'Allah est vérité. Et que ceux qui ne croient pas fermement ne t'ébranlent pas ! »

     

    Nous vivons avec notre conjoint et non pas pour lui (elle), nous avons envers lui (elle), à honorer les devoirs qu’Allah nous a prescrit dans le dessein de vivre sereinement et en harmonie. Il en va de même pour le père, la mère, l’enfant…etc. Certainement nous serions moins frustrés si nous tournions nos intentions en vue de plaire à Allah plutôt qu’en vue de plaire à nos semblables.

     

    Très simplement, une femme qui se lève le matin et qui prépare le repas pour sa famille, qui tient sa maison de manière ordonnée, qui prend soin des siens, si elle le fait parce qu’Allah le lui a prescrit et qu’elle sait que c’est auprès de Lui qu’elle trouvera sa récompense, son cœur sera rempli de satisfaction à la fin de la journée.

     

    En revanche, si elle le fait et qu’elle attend en retour ne fut-ce que l’ombre d’un remerciement de la part de sa famille, elle risque d’être très déçue et sa déception au fil des jours ne pourra se transformer qu’en découragement. On voit là l’importance de l’intention.

     

    Il en va de même pour un homme qui se lève travailler le matin pour gagner de quoi faire vivre sa famille et qui y va en sachant qu’il le fait en vue d’Allah. Celui-là ne sera pas hostile à l’idée de dépenser le salaire de son labeur pour le bien être de sa famille. Il sait que chaque goutte de sueur comme chaque centime dépensé pour son foyer lui sera rendu au centuple.

     

    Selon Sa'd Abi Waqqàs رضي الله عنه, le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم lui a dit : «Toute dépense que tu feras en cherchant le Visage d’Allah (c'est-à-dire par seul amour d’Allah) tu en recevras le salaire, jusqu'à ce que tu mets (comme nourriture) dans la bouche de ta femme».

     

    Allah dit dans le Coran, Sourate At-Tahrîm, verset 6 : « Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles, d'un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres, surveillé par des Anges rudes, durs, ne désobéissant jamais à Allah en ce qu'Il leur commande, et faisant strictement ce qu'on leur ordonne. »

     

    Il est très difficile d’enjoindre la pratique de l’islam à un proche parent qui l’a délaissé. Un argument qui devrait convaincre les plus rebelles serait d’affirmer que nul ne portera le fardeau d’un autre au Jour de la Rétribution.

     

    Certainement les liens du sang sont sacrés, primordiaux, mais la notion d’ « al-ikhlass » – la croyance en Allah l’Unique – est bien plus importante encore ! Aussi il est bon de prendre un peu de recul, lorsque la vie nous absorbe dans des tourments successifs, pour réaliser que les personnes avec qui nous vivons ne sont finalement que des épreuves – positives lorsqu’il s’agit d’un être que l’on aime pour Allah – ou négatives lorsqu’il s’agit d’un être dont l’attitude exécrable crible notre cœur de croyant. Il faut aimer pour Allah comme il faut détester pour Lui.

     

    Pour vulgariser ce propos, très simplement : j’aime la pratique du jeûne de Ramadhân non pas parce que j’aime me priver de nourriture mais plutôt parce que je connais les prodiges qu’Allah renferme dans ce mois sacré.

     

    A contrario, je n’aime pas le porc et ne suis pas attiré par lui non pas parce que son goût m’a déplu mais plutôt parce qu’Allah m’en a strictement interdit la consommation.

     

    Sourate Younous, verset 44 :

    « En vérité, Allah n'est point injuste à l'égard des gens, mais ce sont les gens qui font du tort à eux-mêmes. »

     

    D'après 'Abû Hurayra رضي الله عنه,

    L’Envoyé d'Allah a dit صلى الله عليه و سلم : " Un jour qu'il faisait très chaud, une prostituée passait auprès d'un chien qui, tout haletant de soif, tournait autour d'un puits. Elle se déchaussa, remplit sa bottine d'eau et abreuva le chien ; pour cela elle fut pardonnée ". – Sahîh Muslim –

     

    Cette femme qui était prostituée aurait pu chasser l’animal d’un grand coup de pied, au lieu de cela, elle eut la miséricorde de l’abreuver et le hadith se termine par : pour cela elle fut pardonnée.

     

    Ces trois lignes sont lourdes d’enseignements pour ceux qui les méditent. En faisant l’analogie de cette histoire, nous pourrions en conclure que nous laissons passer chaque jour plusieurs occasions de faire du bien ou tout simplement d’éviter de faire du mal !

     

    Ce « chien » (ou chat selon les versions), vous l’avez peut être croisé sous l’apparence d’un frère qui délaisse la prière et que vous n’avez pas rappelé à l’ordre, ou encore sous l’apparence d’une mère qui s’abandonne spirituellement parce que vous n’avez pas su lui venir en aide lorsqu’elle croulait sous les tâches…

     

    Sourate ‘Abasa, verset 34 à 37 :

    « …le jour où l'homme s'enfuira de son frère, de sa mère, de son père, de sa compagne et de ses enfants, car chacun d'eux, ce jour-là, aura son propre cas pour l'occuper. »

     

    Nous qui nous tracassons aujourd’hui pour un membre de notre famille, nous ne saurions même pas le reconnaître au jour du Jugement dernier !

    Pourquoi ne pas gagner un peu de temps en prenant conscience de cela au plus vite ?...

     

     

    --------------------------------------------------------------------------------

     

    [1] Tafsîr al Qor’an par Ass’ad Mahmoud Homad – Sourate At-Tawbah, verset 129 –Les musulmanes et les musulmans savent que la vie ici-bas n’est qu’une longue succession d’épreuves. Il en est de plus difficile à surmonter que d’autres.

    Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un sujet sensible qui concerne une large majorité de croyants : la famille.

    Rares sont les musulmans – si tant est qu’il en existe – qui n’ont ni père, ni mère, ni frère, ni sœur, ni oncle, ni tante, ni cousin, ni cousine…

    Nous sommes toutes et tous liés par le sang avec des êtres qui nous ressemblent plus ou moins.

    Sourate Al ‘Imrân, verset 14 :

    « On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'ils désirent: femmes, enfants, trésors thésaurisés d'or et d'argent, chevaux marqués, bétail et champs ; tout cela est l'objet de jouissance pour la vie présente, alors que c'est près d'Allah qu'il y a bon retour.»

    Ces personnes – donc ces épreuves – peuvent être soit des épreuves positives, soit des épreuves négatives et dans les deux cas, ce sont nos réactions qui sont jugées.

    Selon Souhayb Ibn Sinan رضي الله عنه , le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم a dit : « Ce que l’affaire du Croyant est étonnante ! Son affaire ne comporte (pour lui) que du bien, et cette faveur n’appartient qu’au Croyant : s’il est l’objet d’un événement heureux, il remercie Allah et c’est là pour lui une bonne chose. S’il est victime d’un malheur, il l’endure avec patience et c’est là encore pour lui une bonne chose ». (Rapporté par Moslim)

    On comprend clairement, à la lecture de ce hadith, que ce qui est important dans les deux cas ce n’est pas tant l’évènement qui a lieu dans la vie du musulman mais bien sa capacité à l’appréhender.

    Ne pensez-vous pas qu’en prenant conscience de cette réalité, les familles seraient plus soudées ?

    Ce problème est primordial car l’état de la famille est à petite échelle, le reflet de l’état de la communauté musulmane.

    L’individualisme devient roi, la communication rare, le jugement des actes bon ou mauvais standardisé…

    Dans un tel climat il n’est pas étonnant de voir des familles entières se déchirer.

    De nos jours le divorce est banalisé, le mari se plaint de la femme, la femme de l’homme, les parents des enfants, les enfants des parents…si bien qu’il est très rare de trouver des familles dans lesquelles la sérénité est de mise. Pourtant, il suffit de savoir, non pas d’où nous venons mais plutôt où nous allons pour remettre les choses à plat et avoir un avis objectif sur des situations plus ou moins chaotiques.

    Al Baqara, verset 156

    إِنَّا لِلّهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعونَ

    « Certes nous sommes à Allah, et c'est à Lui que nous retournerons. »

     

    Combien de pères et de mères ont passé des jours et des nuits à pleurer pour des enfants ingrats qui ne respectent pas les préceptes les plus élémentaires de l’Islam ?

    Combien d’enfants de parents qui mécroient ont passé des jours et des nuits à pleurer pour des parents égarés qui ne veulent rien entendre de La Vérité ?

    Si ce n’est pas un parent ou un enfant qui est égaré, c’est un oncle, une tante, un cousin qui l’est…

    Lorsqu’un membre de sa famille se trouve égaré, il est difficile de rester indifférent. Ce sont les liens du sang qui sont mis à l’épreuve et tous les musulmans se doivent de les respecter. Le cœur est touché, affaibli, attristé et de ce fait la foi peut s’en trouver affectée.

    Nous avons, à travers les récits des Prophètes سلم عليهم, d’excellentes leçons à tirer pour nous aider à endurer ces douloureuses épreuves qui viennent assombrir notre quotidien.

    Pour Noé سلم عليه, en plus d’avoir vécu durant des siècles avec la mission d’appeler son peuple à croire en Allah l’Unique, il eut à endurer la mécréance d’une épouse et d’un fils.

    Il en était de même pour Loth سلم عليه et Assia سلم عليها, qui eurent à endurer des conjoints exécrables. Comment ont-ils survécu à de telles épreuves en gardant foi en Allah ?

    Ils l’ont fait en prenant conscience d’une chose, celle-là même que nous enseigne Allah par l’intermédiaire de Son Prophète صلى الله عليه و سلم, sourate At-Tawbah, verset 129 :

    « Alors, s'ils se détournent dis: "Allah me suffit. Il n'y a de divinité que Lui. En Lui je place ma confiance; et Il est le Seigneur du Trône immense". »

    « S’ils se détournent de la loi divine noble et pure que tu leur as apportée s’ils renoncent à te croire et à suivre ton message, ne t’en attriste pas et dis : « Allah me suffit. Il n'y a de divinité que Lui. En Lui je place ma confiance; et Il est le Seigneur du Trône immense » »[1]

    Tu nais seul(e), tu meurs seul(e) et tu ressuscites seul(e). Cette trinité est reconnue par tout musulman. Ce que nous avons tendance à oublier lorsque nous croulons sous les épreuves c’est que nous vivons seul(e) ! Quand bien même nous sommes entourés du matin au soir par notre famille, nos collègues, nos amis : nous sommes seuls.

    Parfois, nous oublions cette évidence, nous oublions que nous ne vivons pas pour les gens qui nous entourent mais simplement avec eux, à leurs côtés. Le jugement qui est important n’est pas le leur mais plutôt celui d’Al-Hassibou, Celui qui sera en mesure de nous condamner à un châtiment terrible en cas de désobéissance.

    Mon conjoint (homme ou femme) est injuste, méchant(e), colérique, ingrat(e), dois-je me laisser dépérir et glisser lentement vers la mécréance en n’ayant plus la même ferveur dans mon adoration pour Allah parce que les scènes de ménage quotidiennes me prennent trop de temps et d’énergie ?

    Mon père ou ma mère n’accepte pas de voir se manifester ma foi à travers une barbe ou un hijab, dois-je pour autant délaisser tout le reste de la religion ?

    Sourate Ar-Roum, verset 60 :

    « Sois donc patient, car la promesse d'Allah est vérité. Et que ceux qui ne croient pas fermement ne t'ébranlent pas ! »

     

    Nous vivons avec notre conjoint et non pas pour lui (elle), nous avons envers lui (elle), à honorer les devoirs qu’Allah nous a prescrit dans le dessein de vivre sereinement et en harmonie. Il en va de même pour le père, la mère, l’enfant…etc. Certainement nous serions moins frustrés si nous tournions nos intentions en vue de plaire à Allah plutôt qu’en vue de plaire à nos semblables.

    Très simplement, une femme qui se lève le matin et qui prépare le repas pour sa famille, qui tient sa maison de manière ordonnée, qui prend soin des siens, si elle le fait parce qu’Allah le lui a prescrit et qu’elle sait que c’est auprès de Lui qu’elle trouvera sa récompense, son cœur sera rempli de satisfaction à la fin de la journée.

    En revanche, si elle le fait et qu’elle attend en retour ne fut-ce que l’ombre d’un remerciement de la part de sa famille, elle risque d’être très déçue et sa déception au fil des jours ne pourra se transformer qu’en découragement. On voit là l’importance de l’intention.

    Il en va de même pour un homme qui se lève travailler le matin pour gagner de quoi faire vivre sa famille et qui y va en sachant qu’il le fait en vue d’Allah. Celui-là ne sera pas hostile à l’idée de dépenser le salaire de son labeur pour le bien être de sa famille. Il sait que chaque goutte de sueur comme chaque centime dépensé pour son foyer lui sera rendu au centuple.

    Selon Sa'd Abi Waqqàs رضي الله عنه, le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم lui a dit : «Toute dépense que tu feras en cherchant le Visage d’Allah (c'est-à-dire par seul amour d’Allah) tu en recevras le salaire, jusqu'à ce que tu mets (comme nourriture) dans la bouche de ta femme».

    Allah dit dans le Coran, Sourate At-Tahrîm, verset 6 : « Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles, d'un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres, surveillé par des Anges rudes, durs, ne désobéissant jamais à Allah en ce qu'Il leur commande, et faisant strictement ce qu'on leur ordonne. »

    Il est très difficile d’enjoindre la pratique de l’islam à un proche parent qui l’a délaissé. Un argument qui devrait convaincre les plus rebelles serait d’affirmer que nul ne portera le fardeau d’un autre au Jour de la Rétribution.

    Certainement les liens du sang sont sacrés, primordiaux, mais la notion d’ « al-ikhlass » – la croyance en Allah l’Unique – est bien plus importante encore ! Aussi il est bon de prendre un peu de recul, lorsque la vie nous absorbe dans des tourments successifs, pour réaliser que les personnes avec qui nous vivons ne sont finalement que des épreuves – positives lorsqu’il s’agit d’un être que l’on aime pour Allah – ou négatives lorsqu’il s’agit d’un être dont l’attitude exécrable crible notre cœur de croyant. Il faut aimer pour Allah comme il faut détester pour Lui.

    Pour vulgariser ce propos, très simplement : j’aime la pratique du jeûne de Ramadhân non pas parce que j’aime me priver de nourriture mais plutôt parce que je connais les prodiges qu’Allah renferme dans ce mois sacré.

    A contrario, je n’aime pas le porc et ne suis pas attiré par lui non pas parce que son goût m’a déplu mais plutôt parce qu’Allah m’en a strictement interdit la consommation.

    Sourate Younous, verset 44 :

    « En vérité, Allah n'est point injuste à l'égard des gens, mais ce sont les gens qui font du tort à eux-mêmes. »

    D'après 'Abû Hurayra رضي الله عنه,

    L’Envoyé d'Allah a dit صلى الله عليه و سلم : " Un jour qu'il faisait très chaud, une prostituée passait auprès d'un chien qui, tout haletant de soif, tournait autour d'un puits. Elle se déchaussa, remplit sa bottine d'eau et abreuva le chien ; pour cela elle fut pardonnée ". – Sahîh Muslim –

    Cette femme qui était prostituée aurait pu chasser l’animal d’un grand coup de pied, au lieu de cela, elle eut la miséricorde de l’abreuver et le hadith se termine par : pour cela elle fut pardonnée.

    Ces trois lignes sont lourdes d’enseignements pour ceux qui les méditent. En faisant l’analogie de cette histoire, nous pourrions en conclure que nous laissons passer chaque jour plusieurs occasions de faire du bien ou tout simplement d’éviter de faire du mal !

    Ce « chien » (ou chat selon les versions), vous l’avez peut être croisé sous l’apparence d’un frère qui délaisse la prière et que vous n’avez pas rappelé à l’ordre, ou encore sous l’apparence d’une mère qui s’abandonne spirituellement parce que vous n’avez pas su lui venir en aide lorsqu’elle croulait sous les tâches…

    Sourate ‘Abasa, verset 34 à 37 :

    « …le jour où l'homme s'enfuira de son frère, de sa mère, de son père, de sa compagne et de ses enfants, car chacun d'eux, ce jour-là, aura son propre cas pour l'occuper. »

    Nous qui nous tracassons aujourd’hui pour un membre de notre famille, nous ne saurions même pas le reconnaître au jour du Jugement dernier !

    Pourquoi ne pas gagner un peu de temps en prenant conscience de cela au plus vite ?...

     

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    [1] Tafsîr al Qor’an par Ass’ad Mahmoud Homad – Sourate At-Tawbah, verset 129 –

     
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  • Commentaires

    1
    Hadee KANE DIALLO
    Jeudi 29 Janvier 2015 à 23:34
    Très bel article. Je remercie la personne qui l'a rédigé,,, JazaK'Allahou Khayr Wa Taqabal Allahou mina Wa minkoum... Ameen Ya Rabbi
    2
    niness
    Jeudi 10 Septembre 2015 à 20:27
    Salam alaikoum. Je ne comprends pas bien votre introduction concernant le fait que vous ameniez le texte en disant qu'on a toujours des liens du sang. Je suis orpheline je n'ai jamais connu ma famille mes parents. Je viens d'un autre pays étranger et j'ai été adoptée par des français. Je ne pense pas être la seule dans ce cas.....
      • Amine
        Dimanche 6 Mars à 06:48
        Bjr Niness, cela veut dire que même si nous avons des liens du sang l'important reste la foi en Allah,... à méditer...Allah wa hlem
    3
    Amina
    Dimanche 3 Juillet à 11:59
    Machallah


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