• **Texte sur la 'aqidah [ 2/2 ]**

    La foi du groupe qui sera sauvé

    Ce groupe est celui des gens de la Sunna et du Consensus []amâ'a], lesquels ajoutent foi à ces hadiths, comme aux descriptions qu'Allah fait de Lui-même dans Son Livre inattaquable, sans les déformer, les nier ou s'interroger sur le comment des attributs de Dieu (Takyîf) et sans anthropomorphisme (Tamthîl).

    Ils représentent [par rapport aux autres groupes de la communauté musulmane] le juste milieu, de la même manière que la communauté musulmane figure [au sein des communautés] la médialité.

    La position des gens de la Sunna et du Consensus est [sur le chapitre des attributs d'Allah pureté à Lui et exalté soit-ll] médiane entre les partisans du dépouillement absolu de Dieu [Mu'attila - Jahmiyya] et les anthropomorphistes [Al-Muchabbiha].

    Leur position au sujet des Actes d'Allah le Très-Haut est également médiane entre celle des fatalistes [jabriyya] et celle des partisans du libre arbitre [Qadariyya].

    Touchant la Menace divine de châtiment [Wa'îd], ils adoptent une position de juste milieu entre les partisans de l'ajournement jusqu'au Jour dernier de la sanction des actes humains [Murji'a] et ceux de la menace divine de châtiment [Wa'îdiyya] : partisans du libre arbitre ou autres.

    Sur la définition de la foi [imân]et de la religion [Dîn], leur position est médiane entre les partisans de la liberté absolue [Harûriyya] et les rationalistes [Mu'tazila], d'une part, et entre les Murji'a et les Jahmiyya, d'autre part.

    En ce qui concerne les compagnons de l'Envoyé d'Allah(paix et bénédiction de Dieu sur lui), ils se placent entre les Rawâfid et les Kharijites.

    De l'établissement sur le Trône [Istiwâ'] et de l'Omniprésence divine par Sa Science [Ma'iyya]

    Procède aussi de la foi en Dieu, le fait de croire en ce que Dieu indique dans Son Livre ainsi que ce que rapporte la Sunna notoire [Mutawâtir] et qui font l'unanimité des Anciens [Salaf] ; à savoir que Dieu - Gloire à Lui - est établi sur Son Trône, au-dessus des cieux, très élevé sur Ses créatures, bien qu'Il soit avec elles là où elles sont, sachant ce qu'elles font.

    C'est ce qui se dégage de la parole divine suivante : "C'est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours puis Il S'est établi sur le Trône; Il sait ce qui pénètre dans la terre et ce qui en sort, et ce qui descend du ciel et ce qui y monte, et Il est avec vous où que vous soyez. Et Dieu observe parfaitement ce que vous faites." S/57, V/4.

    Il ne faut pas comprendre par cette expression "II est avec vous" qu'Allah est mêlé à Ses créatures. La langue [arabe] n'implique pas cette acception. Une telle intelligence va à rencontre du consensus des Anciens. Qui plus est, la nature selon laquelle Dieu a créé les Hommes [Fifra] ne l'admet pas. La lune, qui est des signes de Dieu le plus petit, se trouve dans le ciel, mais elle est avec l'Homme, voyageur ou non, où qu'il soit.

    Ainsi, découle de la seigneurialité [Rubûbiyya] d'Allah - pureté à Lui - notamment le fait qu'Il soit [établi] sur le Trône, observe (Raqîb) Ses créatures, les surveille (Muhaymin) et le fait qu'Il ait connaissance de ce qu'elles font.

    Ces paroles que souligne [dans le Livre] Allah - pureté à Lui - à savoir qu'Il est sur le Trône, mais avec nous - indiquent une vérité à prendre au sens propre, qui ne doit pas être déformée.

    Cependant, ces paroles doivent être mises au-dessus des suppositions non fondées [Kâdhiba]. Il en est ainsi, par exemple, de prétendre que le passage "II est dans le ciel" signifie littéralement que la voûte céleste Le porte et L'ombrage.
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    Cette conception est fausse pour l'ensemble des gens de science et de foi. Le Siège d'Allah s'étend effectivement à la fois sur les cieux et la terre. C'est Allah qui retient les cieux et la terre pour ne pas descendre, et c'est Lui qui retient, avec Sa permission, le ciel pour ne pas tomber sur la terre.

    "Et parmi Ses signes le ciel et la terre sont maintenus par Son ordre" (s30 v25)

    La proximité d'Allah

    Découle aussi de la foi en Allah, le fait de croire qu'Il est de Ses créatures proche et qu'Il les exauce ; Allah (le Très-Haut) dit : "Et quand Mes serviteurs t'interrogent sur Moi.. alors Je suis tout proche : Je réponds à l'appel de celui qui Me prie quand il Me prie" (s2 v186)

    L'Envoyé d'Allah (paix et bénédiction d'Allah sur lui) a dit de son côté : "...Celui que vous invoquez est plus proche de l'un d'entre vous que ne l'est le cou de sa monture." (Al Boukhari, Abou Dâwud et l'imam Ahmed)

    Ce qui dans le Livre et la Tradition prophétique (Sunna) évoque la proximité d'Allah et Son omniprésence ne contredit en rien la transcendance ('Uluw) et la supériorité (Fawqiyya) d'Allah. C'est qu'il n'est rien qui Lui est semblable dans tous Ses attributs. Dieu demeurant, dans Sa proximité. Elevé.

    La Parole d'Allah

    La conviction que le Coran est la Parole révélée et incréée, fait partie de la foi enAllah et en Son Livre ; le Coran procède d'Allah et retourne à Lui. Il est réellement la parole d'Allah et non celle d'un autre.

    Allah l'a fait descendre sur Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui). Dire que le Coran est la traduction (hikâya) et l'expression ('Ibâra) de la parole d'Allah ne peut être admis. Même lorsqu'il est récité ou consigné dans des feuillets (Masâhif), il n'en demeure pas moins la parole d'Allah exalté, au sens propre.

    C'est qu'une parole ne peut être attribuée réellement qu'à son énonciateur premier et non à son transmetteur.

    Le Coran est la Parole d'Allah, dans ses lettres (hurûf) et ses sens (ma'ânî) sans aucune dissociation possible entre ces derniers.

    La vision d'Allah

    De la foi en Allah, Ses livres. Ses anges et Ses Envoyés découle le fait de croire que, le Jour de la Résurrection, les croyants verront Allah, de leurs propres yeux, de la même manière qu'ils voient le soleil lorsque le ciel est serein sans nuage, et la lune à son plein quartier.

    Personne ne pourra leur usurper le droit de Le voir.

    Ils verront Allah - pureté à Lui - alors qu'ils seront dans les cours ('arasât) de la Résurrection, puis une fois au Paradis, comme Allah - pureté à Lui et exalté soit-ll - veut.

    L'épreuve de la tombe et la résurrection

    L'épreuve de la tombe

    Croire au Jour ultime c'est ajouter foi à tout ce que le Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) a transmis au sujet de l'épreuve de la tombe, du supplice ou de la félicité que l'homme vit.

    L'homme est éprouvé dans sa tombe, Il lui est dit : "Qui est ton Seigneur ? Quelle est ta religion ? Et qui est ton Prophète ?"Allah affermit ceux qui croient, par une parole ferme, dans la vie de ce monde et dans la vie ultime.

    Le croyant dit : "Allah est mon Seigneur, l'Islam ma religion et Muhammad (paix et bénédiction d' Allah sur lui) mon Prophète."

    Quant à celui qui doutait, il dit : "Heu... ! Heu... ! Je ne sais pas. Entendant les gens dire une chose, je l'ai à mon tour dite."

    C'est alors que d'une barre de fer, on [les anges Mounkar et Nakîr] lui assène des coups tels qu'il pousse un cri qu'entendent toutes les créatures hormis les hommes ; si ceux-ci l'entendaient, ils en mourraient.

    Cette épreuve finie, l'homme connaît la félicité ou le châtiment jusqu'au Jour de la grande résurrection.

    La résurrection

    Lorsque les âmes sont ramenées aux corps, c'est qu'a lieu la résurrection dont Allah parle dans Son Livre, ainsi que Son Envoyé [dans sa Sunna] et sur laquelle s'accordent les Musulmans. Les gens se lèveront de leurs tombes pour se tenir devant le Seigneur des univers, pieds-nus, nus et incirconcis.

    Le soleil s'approchera d'eux et ils seront noyés dans leur propre sueur. Les balances seront installées pour que soient pesées les uvres des serviteurs.

    "Ceux dont la balance est lourde seront les bienheureux ; et ceux dont la balance est légère seront ceux qui ont ruiné leurs propres âmes et ils demeureront éternellement dans l'Enfer." [S/23, V/102-103]

    Les feuillets [des actions] seront déployés. Les hommes recevront leur livret dans la main droite, dans la main gauche ou derrière leurs dos ;

    Allah - pureté à Lui et exalté soit-ll - dit : "Et au cou de chaque homme, Nous avons attaché son oeuvre. Et au Jour de la Résurrection, Nous lui sortirons un écrit qu'il trouvera déroulé : "Lis ton écrit. Aujourd'hui, tu te suffis d'être ton propre comptable"." [S/17, V/13-14].

    Allah demandera des comptes aux créatures. Leur parlant en secret. Illeur fera reconnaître leurs péchés, conformément à la description du Livre et de la Sunna.

    Aux négateurs [Kuffâr], Allah ne demandera pas des comptes de la même manière que ceux dont les bonnes et mauvaises uvres seront pesées, car ils n'ont pas de bonnes actions. Leurs actes seront dénombrés et ils en seront informés. Ils les reconnaîtront et en seront rétribués.

    Dans les cours de la résurrection se trouve le bassin du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui); son eau est plus blanche que le lait et plus douce que le miel. Ses récipients sont aussi nombreux que les étoiles du firmament. Sa longueur équivaut à la distance parcourue en un mois de marche, de même que sa largeur. Celui qui en boit une seule gorgée, ne connaîtra plus la Soif [1].

    Menant au Paradis, le pont (Sirât) que les gens devront traverser [le Jour de la résurrection] est jeté sur l'Enfer; sa traversée est fonction des uvres. Certains le franchiront en un clin d'oeil, d'autres à la vitesse de l'éclair éblouissant, d'autres comme le vent, d'autres comme le cheval de race, d'autres à la manière de celui montant un chameau, d'autres en courant, d'autres à la marche, d'autres en rampant.

    II en est qui seront happés et jetés dans la Géhenne, car sur le Pont, des crochets de fer se saisissent des gens selon leurs uvres. Celui qui franchira complètement le Sirât, entrera au Paradis. Quand les gens auront traversé le Sirât, ils seront retenus sur un [autre] pont (qantara) entre le Paradis et le Feu pour régler leurs comptes et être quittes les uns à l'égard des autres.

    Une fois purifiés, la permission leur est alors donnée d'entrer au Paradis.

    Le premier à frapper à la porte du Paradis sera Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) et sa communauté sera la première à y accéder.

    [1] Hadith rapporté par Thawbân.

    L'intercession du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui)

    L'Envoyé d'Allah (paix et bénédiction d'Allah sur lui) aura droit à trois intercessions.

    La première intercession se fera lorsque les Prophètes Adam, Noé, Ibrahim, Moussa et Issa fils de Maryam reculeront [devant la proposition que leur font les gens d'intercéder pour eux auprès d'Allah], alors Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) intercédera en faveur des gens pour que ceux-ci soient jugés.

    La deuxième intercession se fera en faveur des gens du Paradis pour qu'ils puissent y avoir accès. Ce sont là deux intercessions qui lui ont été octroyées à l'exclusion des autres [Prophètes].

    La troisième intercession se fera, quant à elle, en faveur de ceux qui méritent le [châtiment du] Feu. Cette intercession sera l'apanage de l'ensemble des Prophètes et des véridiques. Le Prophète intercédera pour que n'entrent pas en Enfer certains qui le méritent et pour qu'en sortent d'aucuns qui y ont été jetés.

    Allah, de par l'effet de Sa grâce et de Sa miséricorde, délivrera du Feu des gens sans intercession aucune.

    Lorsque les habitants de ce monde entreront au Paradis, une partie de celle-ci demeurera inhabitée. Dieu créera alors des peuples et les y fera entrer.

    Le détail de tout ce qui se rapporte à la vie ultime [la reddition des comptes, la rétribution, le châtiment, le Paradis, le Feu] a été mentionné dans les Livres révélés et dans les Traditions des Prophètes. La science héritée de Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) comporte ce qui est de nature à satisfaire et à suffire [les gens].

    Celui qui désire en savoir davantage, sera comblé.

    La prédestination [Al-Qadar]

    Le groupe qui sera sauvé [à savoir les gens de la Sunna et du consensus] croit au destin dans le bien comme dans le mal. Cette croyance au destin comporte deux degrés, lesquels présentent chacun deux aspects :

    Le premier degré revient à croire qu'Allah exalté connaît de par Sa science éternelle (Qadîm - Abadi) les uvres des créatures, leurs états : Obéissances et désobéissances, subsistances (Rizq) et termes de vie (Ajal).
    Allah a ensuite consigné dans la Table protégée (Al-lawh Al-Mahfûd) les destinées des créatures.

    Lorsqu'Allah créa la Plume (Qalam), Illui ordonna : "Ecris !" et elle demanda "Que dois-je écrire ?" Ildit : "Ecris ce qui, jusqu'au Jour de la Résurrection, aura lieu."

    Aussi, ce qui atteint l'homme ne pouvait le manquer et ce qui le manque ne lui était pas destiné.

    L'encre des plumes a séché et les feuillets ont été rangés [1].

    Le Très-Haut a dit : "Ne sais-tu pas qu'Allah sait ce qu'il y a dans le ciel et sur la terre ? Tout cela est dans un Livre, et cela pour Allah est bien facile." [Sourate 22, verset 70]

    Il a dit aussi : "Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé; et cela est certes facile à Allah" [Sourate 57, verset 22].

    Cette prédestination (Taqdîr), qui procède de la science d'Allah, couvre les choses aussi bien dans leur totalité que dans leurs détails. Dans la Table protégée, est consigné ce que Dieu a voulu.

    A la création du ftus, et avant même d'y insuffler l'âme. Allah lui envoie un Ange qui a pour ordre d'inscrire quatre décisions : ce qui lui est imparti comme biens et nourriture (Rizq), son délai de vie, ses actes et sa condition heureuse ou malheureuse. [2].

    Cette forme de la prédestination divine était jadis niée par les Qadarites extrémistes. Ses négateurs se font aujourd'hui rares.

    Le deuxième degré, réside dans le fait de croire en la puissante Volonté d'Allah, et en Son pouvoir universel; autrement dit au fait que ce qu'Allah veut, se produit, et que ce qu'Il ne veut pas, ne peut être.

    Il n'est de mouvement (Haraka) ni de repos (Sukûn), dans les cieux et dans la terre, qui ne procède de Sa Volonté, pureté à Lui.

    Dans Son Royaume, il n'est que ce qu'Il veut. Allah, Pureté à Lui, est Puissant sur toute chose, existante soit-elle ou non- existante. Il n'est sur terre ou dans les cieux de créature qui ne procède de Lui. Il n'est de Créateur ni de Seigneur en dehors de Lui.

    Aux serviteurs ('Ibâd), Ila enjoint d'obéir à Lui ainsi qu'à Ses Envoyés, et Illeur a interdit la rébellion (Ma'siyya).
    Allah - Pureté à Lui - aime les pieux, les bienfaisants et les justes. Il est satisfait de ceux qui ont cru et accompli des uvres pies, mais Iln'aime pas les négateurs, et n'agrée pas les pervers (fâsiq).

    Il n'ordonne pas la turpitude et n'accepte point l'infidélité de Ses serviteurs. Il n'aime pas non plus la corruption.

    Les serviteurs sont les auteurs véritables des actes qui sont les leurs; Allah est cependant le Créateur de leurs actes. [3]

    Par serviteur, il convient d'entendre aussi bien le croyant, le pieux, le prieur et le jeûneur que le négateur et le pervers. Les serviteurs ont une puissance sur leurs actes et ont une volonté, mais Allah est - conformément à Sa parole - le Créateur de leur pouvoir et de leur vouloir : "pour celui d'entre vous qui veut suivre le chemin droit. Mais vous ne pouvez vouloir, que si Allah veut, [Lui], le Seigneur de l'Univers" [Sourate 81, versets 28-29].

    C'est ce degré de la prédestination (Qadar) que nient les Qadarites appelés par le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) les "zoroastriens (Majûs) de cette communauté" [Ahmad] ; certains, parmi les gens confirmant la prédestination, exagèrent au sujet de ce degré, allant jusqu'à dépouiller le serviteur et de son pouvoir et de son choix, enlevant ainsi aux actes d'Allah et à Ses prescriptions (Ahkâm) leur sagesse et leur utilité.

    [1] Hadith rapporté par At-Tirmidhi.

    [2] Hadith rapporté par Mouslim.

    [3] Lorsque le serviteur prie, jeûne ou pratique quelque bien ou mal c'est lui qui est l'auteur de ces actes, et il n'est aucun doute quant à cela ; Ilest libre d'agir en bien ou en mal, de faire ou ne pas faire ce qu'il veut. Le serviteur agit de par sa volonté et son pouvoir propres ; seulement Allah est Celui qui crée sa volonté (lrâda) et son pouvoir (Qudra) rendant possible son agir, c'est pourquoi est-ll en vérité le Créateur des actes du serviteur.

    La foi est parole et action

    Pour le groupe qui sera sauvé, la religion et la foi sont des paroles que formule le cur et prononce la langue, et des actes qui procèdent du cur, de la langue et des membres. La foi s'élève avec l'obéissance et diminue avec la désobéissance.

    Ce groupe ne dénie pas pour autant aux gens de la Qibla [les musulmans] la foi du fait des désobéissances et des grands péchés [qu'ils commettent], comme le font les kharijites. Qui plus est, les désobéissances n'entament en rien la fraternité [découlant de la foi] (Ukhuwwa lmâniyya).

    Le Glorieux a dit : "...Mais celui à qui son frère aura pardonné en quelque fa○ doit faire face à une requête convenable et doit payer des dommages de bonne grâce..." [Sourate 2, verset 178].

    Il a dit aussi : "Et si deux groupes de croyants se combattent, faites la conciliation entre eux. Si l'un d'eux se rebelle contre l'autre, combattez le groupe qui se rebelle, jusqu'à ce qu'il se conforme à l'ordre d'Allah. Puis, s'il s'y conforme, réconciliez-les avec justice et soyez équitables car Allah aime les équitables. Les croyants ne sont que des frères. établissez la concorde entre vos frères, et craignez Dieu, afin qu'on vous fasse miséricorde." [Sourate 49, versets 9-10].

    Ce groupe ne dénie pas au Musulman pervers toute foi et ne le condamne pas au séjour éternel dans le Feu comme le soutiennent les Mu'tazilites.

    Le pervers [Fâsiq] demeure croyant [au sens absolu],Allah disant : "...Quiconque tue par erreur un croyant, qu'il affranchisse alors un esclave croyant..." [Sourate 4, verset 92].

    Il peut ne pas s'inscrire dans la foi [prise au sens absolu]. Allah (le Très-Haut) dit : "Les vrais croyants sont ceux dont les coeurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi..." [Sourate 8, verset 2].

    Dans le même ordre d'idées, le Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) a dit : "L'Homme ne fornique pas tout en étant croyant. Il ne vole pas tout en étant croyant. Il ne boit pas du vin tout en étant croyant, il ne fait pas main basse sur quelque bien d'une grande valeur, sous le regard des gens, tout en étant croyant." [Ahmad, An-Nisâï et lbn Mâja].

    Nous disons : C'est un croyant dont la foi est imparfaite ou un croyant de par sa foi et pervers de par son péché grave (Kabîra).

    L'on ne dira pas de lui que c'est un bon croyant, mais l'on ne dira pas non plus qu'il est un être dénué de toute manifestation de foi.

    Les compagnons du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui)

    Les gens de la Sunna et du Consensus érigent en principe le fait de ne pas nourrir de mauvais sentiments ou de dire quelque mal des compagnons de l'Envoyé d'Allah ; ils se conforment ainsi à cette parole d'Allah exalté : "Et [il appartient également] à ceux qui sont venus après eux en disant : "Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu'à nos frères qui nous ont précédés dans la foi; et ne mets dans nos coeurs aucune rancoeur pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux"." [Sourate 59, verset 10].

    Ils se soumettent à l'ordre du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) qui a dit : "N'insultez pas mes compagnons ! Car par Celui qui tient mon âme dans Sa main, si l'un de vous dépense en aumône l'équivalent en or du mont Uhud, [jamais] cela ne vaudra ni la poignée [en aumône] de l'un d'eux ni même la moitié." [Ahmad, Al-Bukhârî, Mouslim, Abou Dâwud, At-Tirmidhî et lbn Mâja].

    Les gens de la Sunna et du Consensus agréent ce qui dans le Livre, la Tradition [Sunna] et le consensus, fait état de leurs mérites et de leurs degrés. Ils accordent précellence à ceux [des compagnons] qui ont supporté des dépenses et combattu [pour la cause de Dieu] avant le succès [Fath] - à savoir le pacte d'Al-Hudaybiyya - sur ceux qui auront agi de même, mais après.

    Ils donnent la préséance aux émigrés [Muhajirîn] sur les auxiliaires [Ansar], et croient que Dieu a [réellement] dit aux combattants de Badr- lesquels étaient au nombre de trois cents et quelques hommes - : "Faites ce que vous voudrez ! Mon pardon vous est acquis." [Al-Bukhârî et At-Tirmidhî], et qu'aucun de ceux qui ont fait acte d'allégeance, sous l'arbre, n'entrera en Enfer, conformément à la parole du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) ; ils étaient plus de mille quatre cents.

    Allah est satisfait d'eux et ils sont satisfaits de Lui.

    Ils attestent que ceux pour qui l'Envoyé de Dieu (paix et bénédiction d'Allah sur lui) a annoncé le Paradis, y entreront ; c'est le cas des dix compagnons [auxquels cette annonce a été faite], ainsi que de Thâbit lbn Qays lbn Chams, etc..

    Conformément à la Tradition notoire [Mutawâtir] remontant au calife 'Alî lbn Abî Talib (qu'Allah l'agrée) et à d'autres [compagnons], les gens de la Sunna et du Consensus reconnaissent que les meilleurs hommes de cette Communauté sont respectivement, après le Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui), Abou Bakr, 'Umar, 'Uthmân et 'Alî, comme cela est indiqué dans les Traditions (Athâr).

    Ils admettent que 'Uthmân a plus de mérite que 'Alî, les compagnons l'ayant élu [calife] en présence de celui-ci. [Telle est la position des gens de la Tradition et du Consensus] bien que des sunnites [Ahl-As-Sunna) - après s'être accordés sur Abou Bakr et 'Umar - divergèrent au sujet de 'Uthmân et de 'Alî pour savoir lequel des deux était le meilleur ? Certains préférant 'Uthmân ou pla○t 'Alî après lui [dans l'ordre du mérite], d'autres soutenant que 'Alî est plus méritant et d'autres encore s'abstenant d'exprimer toute préférence. Les gens de la Tradition [Sunnites] finirent par unanimement donner la préséance à 'Uthmân sur 'Alî.

    Bien que cette question des mérites de 'Uthmân et de 'Alî ne s'inscrive pas dans les fondements [de la religion], lesquels n'admettent pas d'opposition sous peine - selon la majorité des gens de la Sunna - de se voir taxé d'égaré, celui qui va à l'encontre de l'opinion unanime de la communauté, touchant le Califat, est accusé d'égarement.

    La majorité des gens de la Sunna croit que les califes, après l'Envoyé d'Allah (sws) sont dans l'ordre : Abou Bakr, 'Umar, 'Uthmân, 'Alî. Celui qui récuse le califat de l'un d'eux, est plus fourvoyé que l'âne de sa propre famille.

    Les gens de la Tradition et du Consensus aiment les membres de la famille de l'Envoyé d'Allah (sws), les prennent pour alliés et se conforment à la recommandation de l'Envoyé d'Allah (sws) qui, le jour de Ghadîr Khumm, dit : "Craignez Dieu au sujet de ma famille." [rapporte par Mouslim]

    Il a dit également à son oncle paternel Al-'Abbâs qui se plaignit à lui que certains Quraychites traitaient durement les Béni Hâchim : "Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, ils ne croiront pas tant qu'ils ne vous aimeront pas pour Dieu et en raison de votre parenté avec moi." [2]

    Il dit aussi : "Allah a choisi Béni Ismâ'îl et, parmi ces derniers. Ila choisi Kinâna et de ceux-là, Ila choisi Quraych et de ces derniers. Ila choisi Béni Hâchim et de ceux-ci. Ilm'a élu"[3]

    Ils prennent pour alliées les épouses de l'Envoyé d'Allah (sws), mères des croyants, et croient qu'elles seront aussi ses épouses dans la vie ultime; leur estime va en premier à Khadîja (ra), de qui le Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) eut la plupart de ses enfants, qui fut la première personne à croire en lui et à le soutenir [dans sa mission] et qui occupa dans son cur un haut degré.

    Leur affection va aussi à la véridique [Siddîqa : '←cha] fille du véridique [Abu Bakr] - qu'Allah soit satisfait d'elle.

    Le Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) a dit à son propos : "Le mérite de 'Aicha sur les autres femmes est comparable à celui du pain cassé et trempé de bouillon (Tharid) sur toutes les autres nourritures." [4]

    Ils désavouent les Rafida [les hérétiques] qui haïssent les compagnons et les insultent, ainsi que les adversaires de la famille du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) [Nawâsib], qui lui portent préjudice en paroles ou en actes.

    Ils se taisent sur les litiges qui opposèrent les compagnons, soutenant que les narrations (Athâr) qui mettent en avant leurs méfaits sont pur mensonge ou ont été ajoutées, tronquées, déformées. Et que même lorsque ces narrations sont authentiques, l'on ne peut en vouloir aux compagnons, lesquels fournissaient un effort d'interprétation [Mujtahidûn] qui pouvait être juste ou erroné.

    [Les gens de la Sunna et du Consensus] ne croient pas, pour autant, que les compagnons ne commettent pas de péchés véniels ou majeurs ; ces derniers peuvent, de manière générale, fauter, mais leurs [bons] antécédents ainsi que leurs vertus leur font mériter le pardon [divin], pour autant qu'ils aient péché. Allah leur pardonne ce qu'Il ne pardonne pas à leurs successeurs.

    La parole prophétique a établi qu'ils représentent "le meilleur siècle" et que la poignée [en aumône] de l'un d'eux a préséance sur l'équivalent en or du mont Uhud dépensé par les générations suivantes.

    Qui plus est, si l'un d'eux avait commis quelque péché, il s'en est repenti, a fait des oeuvres bonnes qui l'ont effacé, a été absous en raison de ses antécédents ou parce que le Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) a intercédé en sa faveur - les compagnons méritant plus que quiconque son intercession - ou bien encore a été éprouvé [ici-bas] pour expier sa faute.

    S'il en est ainsi pour les péchés incontestables, qu'en serait-il alors des questions où ils firent preuve d'effort d'interprétation (Ijtihâd) : Celui qui a raison [parmi eux] a droit à deux récompenses et celui qui s'est trompé, a une seule récompense et son erreur est excusée.

    Ce qui, des actes de certains d'entre eux, est blâmable, est négligeable, au regard de leurs mérites comme la foi en Allah et en Son Envoyé, le combat sur la voie d'Allah, l'émigration, le soutien [à la religion d'Allah], le savoir utile [dispensé par eux] et les bonnes uvres [accomplies par eux].

    Celui qui examine, avec discernement, leur biographie, ainsi que les mérites dont Allah les a comblés, sait de science certaine, qu'ils sont, après les Prophètes, les créatures les plus accomplies. Ils sont uniques et figurent la fine fleur de toutes les générations de cette communauté, laquelle est la meilleure communauté et la plus noble auprès d'Allah, Exalté soit-ll..

    [1] Est notoire toute tradition que rapporte "à chaque maillon de la chaîne de transmission, un grand nombre de transmetteurs auxquels la raison, habituellement, interdit de penser qu'ils se soient entendus pour s'écarter de l'information.".

    [2] Rapporte par Ahmad et Attirmidhi qui a dit : hassan sahih, le correcteur de 'Jami' al ousoul ( 'AbdoulQadir Al Arnaout ) a ete d'accord avec Attirmidhi, et Ahmad Shakir a dit : authentique, et Al Albani l'a rendu faible dans Dhai'f Al Jam'i. Et Allah est le plus savant.

    [3] Rapporte par Mouslim et Attirmidhi

    [4] Rapporte par Al Boukhari et Mouslim

    Des prodiges

    Les gens de la Tradition [Sounna] croient aux prodiges [des saints], aux choses extraordinaires accomplies par eux - de par la volonté divine - dans les domaines des sciences, des dévoilements des réalités cachées [Mukâchafa], ainsi qu'aux différents pouvoirs et influences dont ils sont dotés.

    Ainsi en est-il des prodiges qui eurent lieu sous les communautés anciennes, et dont la sourate "la Caverne" et d'autres encore font état, mais aussi de ceux imputés aux compagnons, à leurs suivants et aux autres générations, prodiges qui subsisteront [dans la communauté] jusqu'au Jour de la résurrection..

    La conformité à la Sounna du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui)

    Les gens de la Sunna et du Consensus se conforment au modèle de l'Envoyé d'Allah (sws), dans leur vie intime comme dans leur vie publique ; ils suivent la voie balisée par les précurseurs parmi les émigrants et les auxiliaires, et observent à la lettre la recommandation de l'Envoyé de Dieu (paix et bénédiction d'Allahsur lui) qui dit : "Accrochez-vous à ma Tradition et à celle des califes orthodoxes et bien dirigés, après moi. Attachez-vous y et ne la quittez pas. Méfiez-vous des innovations, car toute innovation est cause d'égarement." [Ahmad, Mouslim, lbn Mâja et An-Nasâi].

    Ils savent que la parole la plus véridique est la Parole d'Allah et que la meilleure direction est celle de Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) ; aussi préfèrent-ils la Parole d'Allah à celle des gens les meilleurs et donnent préséance à la guidance de Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) sur toute autre guidance. D'où leur désignation par "les gens du Livre et de la Sunna".

    Ils ont aussi été appelés "Gens du consensus", car le consensus [Jamâ'a] revient à se réunir, et son antonyme c'est la division [Furqa], même si ce terme [Jamâ'a] désigna par la suite toute assemblée de gens.

    Le consensus [Ijmâ'] constitue le troisième fondement sur lequel s'appuient la science et la religion.

    C'est à l'aune de ces trois fondements [le Livre, la Sunna et le consensus], que les gens de la Sunna et du Consensus jugent tout ce qui, des actes tant intérieurs qu'extérieurs des gens, se rapporte à la religion.

    Le seul consensus qui existe est celui des pieux prédécesseurs [Salaf Sâlih], car après eux s'amplifièrent et se répandirent dans les rangs de la Communauté les désaccords.

    La prescription du bien et la proscription du blâmable

    Les gens de la Sounna et du Consensus - en sus de leur foi dans tous les fondements précédents - ordonnent le bien [Ma'rûf] et interdisent le blâmable [Mounkar] conformément aux prescriptions de la Charî'a. Ils considèrent que l'on est tenu de s'acquitter du pèlerinage et du combat sur la voie de Dieu [Jihâd], d'assister aux prières du vendredi et des fêtes, avec tous les gouverneurs, que ces derniers soient pieux ou pervers.

    Ils veillent à prendre part à la prière en groupe [Jamâ'ât], pratiquent le devoir de conseiller [Nasîha] la Communauté et croient au sens de cette parole du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) : "Le croyant par rapport au croyant est comme la construction dont tous les éléments se soutiennent." (II fit en même temps croiser ses doigts). [Al-Bukhârî, Mouslim, At-Tirmidhî et An-Nasâ'î], ainsi qu'à cette autre parole du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) : "L'image des croyants dans les liens d'amour, de miséricorde et de compassion qui les unissent les uns aux autres est celle du corps : dès que l'un de ses membres se plaint de quelque mal, tout le reste du corps accourt à son secours par la veille et la fièvre." [Mouslim].

    Ils commandent la patience face à l'épreuve, la gratitude dans l'aisance et l'acceptation du sort [Qadâ].

    Ils appellent aux nobles caractères et aux bonnes actions et croient à cette parole du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) : "Les croyants qui ont la foi la plus accomplie sont ceux qui jouissent de la meilleure moralité."[Rapporte par Abou Dawoud, Attirmidhi, Ahmad et il est dans Sahih al Jami']

    Ils incitent [le musulman] à respecter les liens de parenté même si ses proches parents ne le font pas [à son égard], à faire preuve de libéralité avec celui qui ne le fait pas avec lui et à pardonner à celui qui lui fait du tort.

    Ils ordonnent la piété filiale, le respect des liens du sang, le bon voisinage, la bienfaisance envers les orphelins, les indigents, le voyageur de passage et la compassion envers l'esclave. Ils interdisent la vanité, l'injustice et de traiter autrui avec arrogance à bon droit ou non.

    Ils ordonnent les vertus morales éminentes et interdisent les mauvaises murs.

    Tout ce qu'ils affirment ou font procède de leur conformité au Livre et à la Tradition [Sunna]. Leur voie est celle de la religion de l'Islam avec laquelle Allah a envoyé Muhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Mais ce dernier a averti sa communauté qu'elle allait [après lui] se diviser en soixante-treize groupes [firqa], lesquels seraient tous voués au Feu à l'exclusion d'un seul, celui du consensus [Jamâ'a].

    Ce dernier est celui que le Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) désigne dans ce hadith : "Ce sont ceux qui se conforment au modèle que moi et mes compagnons incarnons [aujourd'hui]."

    Ce groupe qui se tient fermement à l'Islam pur est représenté par les gens de la Sunna et du Consensus, il compte en son sein les véridiques, les martyres et les pieux, mais aussi les flambeaux de la guidance qui dissipent les ténèbres et dont les vertus sont mémorables.

    De ce groupe émergeront ceux qui ont [d'Allah] l'assurance de la victoire et à propos desquels le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Un groupe de ma Communauté ne cessera d'être dans la vérité et d'avoir le dessus jusqu'au Jour de la résurrection, celui qui s'opposera à lui ou l'abandonnera, ne lui causera aucun préjudice." [rapporte par Mouslim, Abou Dawoud et d'autres]

    Allah ! Fait que nous soyons des leurs, n'imprime aucune déviation à nos curs après nous avoir guidés, accorde-nous une miséricorde émanant de Toi ! Certes, Tu es le Dispensateur de toutes les grâces. Allah Seul sait.

    [ô Allah] prie sur Muhammad, sa famille et ses compagnons et salue-les d'un salut abondant !

     

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